Hier (samedi 23 mai), plusieurs ateliers ouverts au public étaient organisés au Gros-Morne par l’AMSES.
Objectif : informer les Martiniquais sur les conséquences du chlordécone sur la santé et les moyens de limiter leur exposition à ce pesticide utilisé pendant plusieurs décennies dans les bananeraies.
Pour le docteur Christiane Renard-Quitman, médecin généraliste, des solutions existent pour aider l’organisme à éliminer certaines substances toxiques.
« L’usine à détoxifier, c’est le foie chez nous. Et on a dans nos jardins, dans nos plantes médicinales, dans notre verger, des éléments qui peuvent aider les différentes phases du foie à éliminer le chlordécone. On n’est pas impuissants, mais il faut les connaître et savoir à quoi ça sert. »
docteur Christiane Renard-Quitman, médecin généraliste
Des rivières toujours sous surveillance
La contamination concerne également les milieux aquatiques. Depuis plusieurs années, la pêche en rivière est interdite sur une grande partie du territoire. Selon les spécialistes, quatre rivières sur cinq présenteraient encore des traces de chlordécone.
Pour autant, certaines zones semblent aujourd’hui moins touchées.
« Ce qui est intéressant au niveau des rivières, c’est qu’aujourd’hui, on commence à trouver des zones qui pourraient être non contaminées ou faiblement contaminées. »
David Desnel, chargé de mission chlordécone à la Fédération départementale des associations agréées de pêche et de protection des milieux aquatiques
Des analyses sont régulièrement réalisées afin de mesurer les concentrations présentes dans les espèces pêchées et de vérifier leur conformité aux seuils réglementaires.
Une pollution qui touche aussi le littoral
La vigilance reste également de mise en mer. Une grande partie de la façade atlantique ainsi que la baie de Fort-de-France demeurent soumises à des restrictions de pêche en raison de la contamination des fonds marins.
Une étude menée par l’Ifremer a permis d’établir une cartographie précise des zones les plus touchées.
« De Grand-Rivière jusqu’au François, la pêche est interdite ainsi que dans la baie de Fort-de-France. Mais il faut savoir que des zones comme l’embouchure de la rivière Roxelane à Saint-Pierre ou celle de la rivière Pilote à l’Anse-Figuier sont très contaminées. »
David Desnel, chargé de mission chlordécone à la Fédération départementale des associations agréées de pêche et de protection des milieux aquatiques
Selon cette étude, certaines espèces peuvent présenter des concentrations atteignant jusqu’à 200 microgrammes de chlordécone par kilo.
Une demande de transparence
Les spécialistes rappellent que l’exposition au chlordécone est associée à plusieurs pathologies et continuent de plaider pour une meilleure information du consommateur.
Parmi leurs revendications figure l’obligation d’afficher la présence de perturbateurs endocriniens dans les aliments commercialisés. Une mesure qui permettrait à chacun de consommer en toute connaissance de cause, mais qui reste, pour l’heure, encore à l’état de proposition.
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