Xénophobie en Afrique du Sud : le Ghana saisit l’UA sur les attaques visant des étrangers – La Nouvelle Tribune

Le Ghana a adressé le 6 mai 2026 une demande officielle à la Commission de l’Union africaine pour inscrire les violences xénophobes en Afrique du Sud à l’ordre du jour de sa réunion de coordination semestrielle prévue les 24 au 27 juin à Malabo, en Guinée équatoriale. Cette démarche intervient après plusieurs mois d’attaques contre des ressortissants étrangers sur le territoire sud-africain.

Des violences qui s’amplifient depuis des mois

Les incidents xénophobes se sont intensifiés depuis fin mars 2026, marqués par des attaques contre des commerces, des pillages et des décès. Le Nigeria a enregistré au moins deux de ses ressortissants tués dans de tels incidents en avril 2026. Face à cette situation, plusieurs pays ont pris des mesures unilatérales : Nigeria et Ghana ont convoqué respectivement l’ambassadeur et le chargé d’affaires sud-africains. Abuja organise des vols d’évacuation pour plus de 130 ressortissants demandant leur rapatriement immédiat. Le Botswana envisage de fermer sa frontière terrestre avec l‘Afrique du Sud et de restreindre ses livraisons d’électricité, tandis que le Mozambique et le Zimbabwe alertent sur l’exposition de leurs ressortissants.

Une requête adressée aux institutions continentales

Dans un communiqué signé par son ministre des Affaires étrangères Samuel Okudzeto Ablakwa, le Ghana demande à la présidence de la Commission de l’UA de renforcer les mécanismes de suivi, d’établir une mission d’établissement des faits sur les causes profondes et de promouvoir des initiatives de dialogue et de réconciliation. Le gouvernement ghanéen juge que le ciblage des ressortissants africains « viole la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples » et « sape l’intégration et le panafricanisme ». La requête invoque également la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLEC), dont l’un des objectifs est la libre circulation des personnes et la création d’un marché commun.

L’héritage de la solidarité continentale

Le Ghana souligne que ces attaques contrastent avec la solidarité historique du continent envers l’Afrique du Sud durant la lutte contre l’apartheid. Le Nigeria, l’Angola, l’Algérie et l’Éthiopie avaient apporté un appui décisif au mouvement de libération. Le Ghana rappelle enfin que « l’avenir de l’Afrique repose sur la dignité, la prospérité et le respect mutuel, conformément à la vision panafricaine de Kwame Nkrumah ». La Commission de l’Union africaine, basée à Addis-Abeba, devra examiner cette demande avant la tenue de la réunion de juin.


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