Haïti : accusations d’agressions sexuelles contre des soldats de la force multinationale, selon l’ONU
Même si la mission multinationale de sécurité (MMAS) — déployée depuis 2024 et en cours de retrait — n’est pas une mission onusienne, elle a un mandat du Conseil de sécurité de l’ONU pour soutenir la police haïtienne dépassée par les gangs qui ravagent le pays. C’est à ce titre que le Haut-Commissariat aux droits de l’Homme de l’ONU ont « enquêté » et « partagé leurs conclusions et leurs recommandations » avec la MMAS et « les Etats concernés« , a indiqué le porte-parole.
« Il est important que chaque accusation fasse l’objet d’une enquête approfondie de la part du pays dont viennent les soldats et que des comptes soient rendus« , a-t-il ajouté, sans préciser la nationalité des soldats.
La MMAS, qui est en train d’être remplacée par la nouvelle Force de répression des gangs (FRG), a compté jusqu’à un millier de soldats, en très grande majorité des Kényans.
Dans un rapport rendant compte des enquêtes pour exploitation et atteintes sexuelles, l’ONU précise qu’il s’agit du viol d’une enfant de 12 ans et de deux adolescentes de 16 ans, et de violence sexuelle (non précisée) sur une jeune fille de 18 ans. Ces quatre accusations « ont été jugées fondées à la suite des enquêtes » et donc transmises aux autorités nationales compétentes, ajoute le rapport.
Vendredi, Human Rights Watch avait attiré l’attention sur ce document, appelant la nouvelle force anti-gang, pour laquelle le Tchad a promis 1.500 hommes, à « mettre en place des garde-fous plus robustes pour empêcher de nouvelles violations« .
« Les femmes et les filles font déjà face en Haïti à des violences sexuelles généralisées. Les forces internationales envoyées pour restaurer la sécurité ne devraient pas aggraver les abus« , a ajouté l’ONG dans un communiqué.
Ce n’est pas la première fois que des membres d’une mission internationale en Haïti est l’objet de telles accusations.
Des Casques bleus de la mission des Nations unies pour la stabilisation en Haïti (Minustah), déployée entre 2004 et 2017, avaient ainsi été accusés de violences sexuelles, sapant encore un peu plus la confiance des Haïtiens envers les interventions extérieures.
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