Bénin : Un laboratoire de pointe pour assainir le marché de l’eau et des médicaments – La Nouvelle Tribune
Dans un contexte national marqué par la persistance de réseaux mafieux de faux médicaments et les plaintes récurrentes sur la qualité de l’eau distribuée, le gouvernement béninois passe à l’offensive. Le vendredi 17 avril 2026, une commission de contrôle a procédé à une visite pour la réception provisoire du nouveau Laboratoire National de Contrôle de Qualité de l’Eau et des Produits de Santé à Abomey-Calavi. Un joyau technologique qui s’impose comme le rempart ultime contre l’insécurité sanitaire.
Jusqu’ici, les contrôles étaient souvent dispersés ou limités par des contraintes logistiques. La rupture est désormais consommée. Ce nouveau centre se distingue par une approche intégrée inédite : la mutualisation, dans un même espace, des analyses pour les produits de santé et pour l’eau.
« Le gouvernement a voulu optimiser et faire d’une pierre deux coups », explique Eloi Ahoumènou, coordonnateur du projet d’eau potable en milieu rural et assainissement des eaux usées en milieu urbain. Cette synergie n’est pas qu’une question d’économie d’échelle, c’est une nécessité stratégique pour répondre aux défis microbiologiques et physico-chimiques complexes du pays.
En effet, le Bénin fait face à un double défi. D’un côté, le marché des produits de santé reste gangrené par la contrefaçon, avec des réseaux de vente de produits prohibés qui s’adaptent sans cesse à la répression. De l’autre, les usagers de la Soneb (Société nationale des eaux du Bénin) expriment régulièrement leur exaspération face à une eau qui, parfois, coule rougeâtre ou boueuse du robinet, posant de sérieuses questions de santé publique.
Face à cette sophistication de la menace, le laboratoire mise sur des technologies de pointe. L’objectif est de sortir du contrôle sommaire pour entrer dans l’ère de l’expertise approfondie. « Ce qui veut se faire ici, c’est vraiment du contrôle de qualité approfondi pour que quand un résultat sorte, on puisse être vraiment conforté dans la décision à prendre », martèle Eloi Ahoumènou.
Plus qu’un simple bâtiment, cette infrastructure située à Abomey-Calavi est un outil de souveraineté sanitaire. Elle permettra d’analyser avec précision les substances actives des médicaments circulant dans nos pharmacies et sur nos marchés, mais aussi de surveiller rigoureusement la potabilité de l’eau consommée du Nord au Sud.
Le dispositif prévoit également une sécurisation renforcée des processus et des installations pour éviter toute manipulation des résultats, et garantir ainsi une transparence totale. En offrant des données fiables et incontestables, ce laboratoire devient le bras armé de l’État pour protéger la population et assainir durablement les circuits de distribution de ces deux ressources vitales.
À l’heure où la sécurité sanitaire est au cœur des préoccupations mondiales, le Bénin se dote d’un outil à la hauteur de ses ambitions, prêt à débusquer les réseaux illicites et à s’assurer que l’eau du robinet et les traitements médicaux ne soient plus source d’angoisse, mais de vie.
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