JULIEN DE ROSA / AFP
Former French Prime Minister Dominique de Villepin reacts as he holds a conference on national politics at La Sorbonne in Paris on March 27, 2026. (Photo by JULIEN DE ROSA / AFP)
Dominique de Villepin voulait parler de la France, du monde et de la présidentielle de 2027. Mais depuis plusieurs jours, ce sont surtout deux statuettes de Napoléon offertes lorsqu’il était au Quai d’Orsay qui le poursuivent. Dans Complément d’enquête fin avril dernier, le lobbyiste Robert Bourgi affirme qu’elles avaient été financées par l’ancien président burkinabè Blaise Compaoré et par l’homme d’affaires italien Gian Angelo Perrucci. De quoi relancer les questions sur les cadeaux reçus par des responsables politiques.
Depuis des mois, Dominique de Villepin soigne son retour dans le débat public : déplacements en province, conférences devant des étudiants, omniprésence médiatique… l’ancien rival de Nicolas Sarkozy travaille une stature présidentielle, avec l’idée assumée de pouvoir incarner une alternative en 2027.
Mais cette image de recours au-dessus de la mêlée se heurte désormais à une vieille affaire. Sur France Inter ce dimanche 10 mai, Dominique de Villepin a reconnu avoir eu tort d’accepter ces objets lorsqu’il était ministre des Affaires étrangères. « C’était une erreur. Je n’aurais pas dû les accepter », a-t-il admis.
L’ancien chef du gouvernement tente malgré tout de désamorcer la polémique. Il rappelle d’abord le contexte du début des années 2000, en assurant qu’« il n’y avait pas d’encadrement de ces situations à l’époque ». Dominique de Villepin rejette aussi toute idée de faveur ou d’influence liée à ces cadeaux.
Une « volonté de nuire » du camp Sarkozy
Derrière les statuettes, c’est surtout le nom de Robert Bourgi qui réapparaît. Figure historique des réseaux africains de la droite française, le lobbyiste s’est déjà retrouvé au cœur de plusieurs affaires politico-financières, notamment celle des costumes offerts à François Fillon pendant la campagne présidentielle de 2017. Dominique de Villepin assure aujourd’hui avoir rompu depuis longtemps avec lui. « Robert Bourgi a été écarté par moi-même et par Jacques Chirac en 2004-2005 », insiste-t-il. « Ce qui montre bien qu’il n’y a aucune prise, aucune forme de lien qui puisse se nourrir à cette occasion. »
La rivalité entre Dominique de Villepin et Nicolas Sarkozy n’est jamais très loin. L’ancien Premier ministre suggère ainsi que ces révélations n’arrivent pas par hasard. « Monsieur Bourgi est un ami de 40 ans de Nicolas Sarkozy », rappelle-t-il, avant d’évoquer « une volonté de nuire » alors même que l’ancien président est empêtré dans l’affaire libyenne. Ces « pseudos révélations interviennent à un moment où Nicolas Sarkozy connaît des moments difficiles dans une affaire judiciaire qui est l’affaire libyenne. »
Son entourage a déjà annoncé que les deux statuettes avaient été remises au ministère des Affaires étrangères. Reste désormais la bataille sur leur valeur réelle. Robert Bourgi parle de 125 000 euros au total. Les proches de Dominique de Villepin assurent qu’elles valent « quatre à cinq fois » moins.
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