Le dossier du financement des universités est revenu sur la table à l’Assemblée législative vendredi. L’opposition officielle tente de proposer des solutions pour éviter les coupes dans les services vétérinaires, mais le ministre de l’Éducation postsecondaire affirme que cela ne se fera pas au détriment des universités.
La privatisation des services vétérinaires provinciaux a monopolisé la majeure partie de la période de questions jeudi, à Fredericton. Des agriculteurs s’étaient même déplacés pour exprimer leur mécontentement.
Le chef de l’opposition officielle, Glen Savoie, a proposé d’autres options qui permettraient à Fredericton d’économiser 4 M$ environ, et ainsi de sauver les services vétérinaires.
Glen Savoie, chef de l’opposition officielle, le 8 mai 2026.
Photo : Radio-Canada
N’oublions pas le 15 millions de dollars en infrastructures stratégiques pour des projets à la Société de développement régional et en Éducation postsecondaire, Formation et Travail
, a-t-il dit en chambre jeudi.
Vendredi, le ministre Jean-Claude D’Amours a tenu à répliquer. Il a pris la parole en réponse à une question de Glen Savoie, sur un tout autre sujet.
Les trois millions, madame la présidente, est-ce qu’il a demandé à l’Université Mount Allison s’ils étaient d’accord et la communauté de Sackville?
En mêlée de presse, le ministre de l’Éducation postsecondaire, de la Formation et du Travail a dit qu’il se devait de remettre les pendules à l’heure. L’Université Mount Allisona reçu 3 M$ pour la construction d’un nouveau complexe multisport et il n’est pas question de revenir sur cette décision, comme semblait le proposer Glen Savoie.

Le ministre Jean-Claude D’Amours dénonce les propositions de l’opposition et affirme que le financement octroyé à l’Université Mount Allison pour le centre sportif demeurera.
Photo : Radio-Canada
Pourquoi est-ce que le Parti conservateur voulait couper 3 M$ à Mount Allison et puis est-ce qu’ils ont des intentions de leur côté à dire est-ce que les universités et les collègues ont trop de financement et veulent faire la même chose avec les autres institutions publiques au Nouveau-Brunswick?
Le chef de l’opposition officielle trouve honteux
que le ministre D’Amours se soit levé pour revenir sur ce dossier, alors qu’il posait une question sur le dossier du financement à l’entreprise Agropur, qui a récemment annoncé supprimer 60 postes à son usine de Sussex.
Ils demandent toujours : »oh, on veut que l’opposition fait des suggestions. » J’ai fait une suggestion, parce que je n’ai pas bien connu [où vont les fonds], parce que ce gouvernement ne l’a pas expliqué
, explique Glen Savoie.
Il dit que les investissements dans les institutions postsecondaires sont essentiels.
Il y avait des étudiants qui ont manifesté devant l’Assemblée à cause de leur décision. C’est pas nous qui veut couper les choses dans les choses postsecondaires, c’est eux.
Un financement en suspens
Par ailleurs, le ministre D’Amours évite de parler de compressions en éducation postsecondaire. Il rappelle plutôt aux institutions qu’elles doivent faire une analyse de leur budget pour y trouver des économies, sans affecter la qualité de l’enseignement.
Il faut quand même que nos collèges et universités se regardent dans le miroir
, dit le ministre D’Amours. Chacun doit aussi faire sa part.
De simplement se dire qu’un chèque va arriver toutes les années et que le gouvernement n’aura rien à dire, je pense qu’il faut se poser la question : est-ce qu’on a encore les capacités financières de faire ça? Je pense que la réponse est non.
Le ministre dit que l’étude des économies se poursuivra au cours des prochains mois. Il n’offre pas de solutions concrètes pour l’instant.

L’entrée de l’Université de Moncton campus de Shippagan, le 24 novembre 2025.
Photo : Radio-Canada / REAL FRADETTE
Rappelons que l’Université de Moncton a décidé d’augmenter les frais de scolarité de 4 % en septembre, ce qui semble aller à l’encontre de la volonté du ministre.
Le message a toujours été clair pour moi : c’est de s’assurer de pouvoir offrir une éducation de qualité au Nouveau-Brunswick et puis de ne pas nécessairement appliquer des mesures supplémentaires sur les épaules de nos étudiants
, soutient Jean-Claude D’Amours.

David Coon est le chef du Parti vert du Nouveau-Brunswick depuis 2012. (Photo d’archives)
Photo : Radio-Canada / Alix Villeneuve
De son côté, le chef du Parti vert, David Coon, croit qu’il est minuit moins une pour les universités. Si leur subvention provinciale n’a pas été diminuée cette année, elle n’a pas été augmentée, rappelle-t-il, ce qui ne laisse présager rien de bon.
Le défi est majeur et on doit avoir une augmentation du budget dans le prochain budget.
Avec les informations de Frédéric Cammarano
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