Des lycéens conquis par leur séjour au Sénégal

Alors que leurs camarades du lycée avaient presque tous terminé leur année scolaire, Loanne Belrose-Nilor, Jordaniel Duboyer, Ingrid Liméry et Tiara Duval, élèves de seconde en option créole arpentaient encore en ce début juin les couloirs du lycée Montgérald au Marin. Rentrés quelques jours plus tôt d’un voyage au Sénégal, il leur restait à préparer la restitution de leur séjour venant clôturer une année placée sous le signe d’un Lyannaj culturel et d’un apprentissage du patrimoine et de la culture Créole.

Face à une assistance composée de professeurs, de partenaires privés et institutionnels et de parents d’élèves, ils ont raconté leur séjour qui les aura marqués à tout jamais. Un séjour pas tout à fait comme les autres. Car si leur programme pédagogique de l’année en option créole prévoyait de découvrir et de s’imprégner des traditions culturelles, ils ont pu en mesurer l’intérêt dans ce partage avec le Sénégal.

Des souvenirs inoubliables

À la genèse de ce déplacement, il y avait d’abord le cadeau aux autorités de Gorée, de la yole ambassadrice. Elle est désormais installée sur son socle, au cœur de l’île, sur la place de la liberté et de la dignité humaine. Et puis juste avant, une navigation inédite à son bord, en eaux africaines.

« Quelle joie ! car finalement on a réussi avec plein d’épreuves ! il y avait mauvais temps avant, mais la mer a été superbe avec nous. Elle nous a accueillis, comme si c’était destiné, comme si c’était obligé ce qu’on devait faire là »

Tiara Duval, élève de seconde Lycée Montgérald

Les élèves ont aussi évoqué les moments forts vécus dans les cellules de la maison des esclaves. Mais sur le plan culturel, les plus grands souvenirs sont ceux partagés avec les habitants de Djilor, le village d’enfance de Léopold Sedar Senghor.

Les chants et les danses créoles y ont côtoyé ceux des Sérères ; cette ethnie, parmi l’une des plus anciennes des populations de Sénégambie, a su entretenir ses liens avec ses racines, sa langue et ses rituels. Un partage et des échanges humains qui ont profondément marqué les jeunes martiniquais et qui leur ont également ouvert les yeux sur la portée des écrits d’Aimé Césaire et de Léopold Sedar Senghor, l’enfant du pays.

« J’ai appris beaucoup de choses sur ma culture et celle du Sénégal. Sur la relation qu’il y avait entre Aimé Césaire et Senghor. Le pont qu’ils ont créé entre la Martinique et le Sénégal ; et aujourd’hui Monsieur Dédé (NDLR: Christophe Dédé, président de l’association MYRT) qui a pu reprendre ce pont
»

Jordaniel Duboyer, élève de seconde lycée Montgerald, du Marin

En réponse, la prestation de ces élèves s’est voulue elle aussi atypique. Pas une simple prestation au micro ou devant une projection de photos, mais une mise en scène théâtrale en créole forcément, reprenant leurs émotions ressenties là-bas. Le tout clôturé par un temps de bèlè.

Le public conquis, s’est instinctivement levé, pour applaudir la prestation de ces jeunes. Quatre jeunes lycéens, pour qui leur regard sur l’avenir et sur leur scolarité sera forcément diffèrent après cette expérience en Afrique.

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