Annoncé le 12 juin 2026, le premier refuge soutenu par l’État a ouvert ses portes aux survivantes de violences sexuelles en Haïti. Une augmentation de 163 % des cas vérifiés de violence sexuelle dans un contexte de violence endémique des gangs et de déplacements internes souligne le besoin urgent de cette mesure de la part de l’État, alors que la pauvreté s’enracine encore davantage.
La situation en Haïti
Environ 300 gangs paramilitaires ont dominé le vide laissé par l’assassinat du président Jovenel Moïse en juillet 2021, imposant un régime violent. Haïti est en crise, avec seulement 20 % de la capitale qui n’est pas totalement contrôlée par les gangs. Cela a entraîné des niveaux records de déplacements internes, avec plus de 1,4 millions de personnes contraintes de quitter leur foyer à cause de la violence, poussant de nombreuses personnes vers des sites de déplacement et laissant les femmes et les filles encore plus vulnérables aux violences sexuelles.
Les gangs ont transformé la violence sexuelle en Haïti, avec une augmentation de 1 000 % des violences sexuelles contre les enfants entre 2023 et 2024. La fuite vers les sites de déplacement a également poussé de nombreuses femmes et familles dans la pauvreté, avec plus de 80 % des femmes vivant dans ces sites désormais au chômage. Cette tendance se reflète dans les chiffres nationaux de la pauvreté : 86 % de la population vit avec moins de 6,85 dollars par jour, et 36,4 % se situe sous le seuil d’extrême pauvreté, avec moins de 2 dollars par jour.
L’effet national est aggravé par le fait que la plupart des femmes étaient auparavant les principales sources de revenus de leur foyer. En conséquence, environ un million de ménages dépendant de femmes sont confrontés à une insécurité alimentaire aiguë. La violence sexuelle continue de toucher les femmes et les filles de manière disproportionnée en Haïti, plongeant les familles encore plus dans la pauvreté. Cependant, l’ouverture de refuges pour les survivants, ainsi que les efforts de l’Organisation panaméricaine de la santé, une agence internationale de santé pour les Amériques, laissent entrevoir une direction plus optimiste dans la réponse.
Les premiers refuges soutenus par l’État
Aux côtés d’ONU Femmes, le ministère haïtien de la Protection sociale et des Droits des femmes a franchi une étape importante dans la lutte contre la violence sexuelle en Haïti en ouvrant les premiers refuges soutenus par l’État du pays. Ces maisons sont conçues pour offrir aux survivants un espace où recevoir protection et soutien alors qu’ils reconstruisent leur vie et se remettent du traumatisme de l’escalade de la violence des gangs. Bien qu’il s’agisse d’une nouvelle initiative pour laquelle aucune mesure de résultats n’a encore été publiée, le concept vise à aider les victimes à retrouver leur autonomie et leur sécurité en donnant la priorité aux survivants dans un contexte de vulnérabilité à la violence politique.
En se concentrant sur les femmes et les filles, l’initiative pourrait également contribuer à lutter contre la pauvreté en soutenant la reconstitution des revenus familiaux, car ces refuges visent à fournir l’assistance dont les survivants ont besoin pour se rétablir. Le programme vise à offrir un abri immédiat contre de nouvelles violences de gangs, permettant ainsi d’échapper à la violence basée sur le genre qui, selon ONU Femmes, a été signalée dans les 22 sites de déplacement étudiés, soulignant l’ampleur de la crise.
Efforts de l’OPS/OMS
Parallèlement à cet effort dirigé par l’État, l’Organisation panaméricaine de la santé (OPS), qui fait partie de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), fournit un soutien psychosocial et sanitaire pour lutter contre la violence sexuelle en Haïti. L’OPS, composée de 35 États membres, travaille à travers ses bureaux régionaux pour améliorer la santé, lutter contre les maladies et fournir une réponse d’urgence. Depuis des décennies, il soutient Haïti en promouvant une vie saine grâce à des services de santé plus efficaces et en donnant la priorité à la réduction des risques.
Pour soutenir les survivants déplacés de violences sexuelles, le financement a permis à l’OPS/OMS d’améliorer les services psychosociaux sur les sites de déplacement, en déployant 11 psychologues et 11 travailleurs sociaux pour fournir une assistance professionnelle. Les organisations ont également équipé neuf établissements de santé d’outils spécialisés pour traiter les survivantes, notamment des kits de soins en cas de viol, et ont formé 50 professionnels de la santé pour fournir des soins plus sensibles et de haute qualité.
Combinés à l’ouverture de refuges soutenus par l’État, ces efforts représentent des étapes importantes pour aider les survivants à retrouver une vie stable et leur offrir la possibilité d’échapper à la pauvreté.
Regarder vers l’avenir
La crise des violences sexuelles en Haïti exige une attention continue, alors que de plus en plus de victimes sombrent dans la pauvreté. Néanmoins, l’ouverture de refuges marque une étape importante dans la réponse, établissant de nouvelles voies de protection et de rétablissement pour les femmes et les enfants.
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