Haïti : «Sans sécurité, les élections ne seront qu’un leurre» – Journal d’Haïti et des Amériques

Après 10 ans sans élection, Haïti vient de lancer le processus électoral avec l’enregistrement des partis politiques. Nous en parlons avec le géographe et spécialiste de la politique haïtienne Jean-Marie Théodat.

Pour Jean-Marie Théodat, la multiplication des partis politiques illustre la fragmentation de la scène politique haïtienne. Avec 316 partis enregistrés, il juge peu crédible qu’ils remplissent tous les critères exigés par le Conseil électoral provisoire, notamment celui de compter au moins 30 000 membres. Mais pour l’universitaire, le principal obstacle reste l’insécurité. Dans un pays où de nombreux quartiers et axes routiers sont contrôlés par les gangs, il estime que les conditions matérielles d’un scrutin libre ne sont pas réunies. Organiser des élections avant de rétablir la sécurité reviendrait, selon lui, à « mettre la charrue avant les bœufs ». Il met également en garde contre le risque d’une influence directe des gangs sur le processus électoral, rappelant que certains chefs criminels ont déjà envisagé de transformer leurs organisations en partis politiques. Sans démantèlement des groupes armés et sans garanties de sécurité pour les électeurs, conclut-il, les élections risqueraient de renforcer le pouvoir des gangs plutôt que de restaurer la démocratie.

 

Naïka réinvente le konpa haïtien

C’est un genre musical que nos auditeurs haïtiens connaissent très bien : le compas ou konpa, en créole, né dans les années 50 et inscrit en décembre 2025 au patrimoine immatériel de l’Unesco. Une musique qui continue de se renouveler et dépasse les frontières d’Haïti. En témoigne le succès en ce moment de Naïka, chanteuse franco-haïtienne de 31 ans. Après la sortie de son premier album, Eclesia au début de l’année, elle chante ses titres en anglais, en français et en créole sur les scènes du monde entier. Elle sera au festival de jazz de Nice le 23 juillet, le 31 juillet à l’Appletree garden festival en Allemagne et aux Francofolies de La Réunion, le 4 septembre. Justine Fontaine nous fait découvrir cette artiste.

À écouter aussiPatrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’Unesco: le compas haïtien sacralisé

 

Panama : comment les anciens habitants de Carti Sugdub s’acclimatent à leur nouveau village

Au Panama, le mode de vie des indigènes Gunas pourrait être bouleversé par le réchauffement climatique. Dans l’archipel des San Blas où ils vivent majoritairement, certains îlots sont menacés par la montée des eaux et déjà régulièrement inondés. Il y a deux ans, les quelque 1.300 habitants de Carti Sugdub ont été relocalisés sur la terre ferme. Le nouveau village financé par le gouvernement est aseptisé. Construit sur le modèle des zones résidentielles de banlieue, c’est un alignement au cordeau de petites maisons toutes identiques. Grégoire Pourtier, notre correspondant au Panama, est allé voir comment se déroule cette transition et savoir si elle répond aux attentes de la population.

 

Le journal de la 1ère

En Guyane comme ailleurs, des délais de paiement trop souvent interminables ne facilitent pas la vie des entreprises.

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