Destiné à l’orpaillage illégal, le carburant saisi en Guyane n’est plus détruit mais utilisé par les maires pour leurs missions d’intérêt général

Des milliers de litres de carburant autrefois destinés à être détruits alimenteront désormais les équipements des collectivités guyanaises.

La première opération de redistribution a été réalisée cette semaine au profit de la ville de Saint-Laurent-du-Maroni, qui a reçu 10 315 litres de carburant saisi lors d’opérations de lutte contre l’orpaillage illégal. Cette remise s’inscrit dans le cadre d’une convention signée le 1er juillet 2026 entre le procureur de la République près le tribunal judiciaire de Cayenne, la préfecture de Guyane, le commandement de la gendarmerie de Guyane et l’Association des maires de Guyane.

Une réponse à un problème de stockage

Jusqu’à présent, le carburant saisi était confié à une entreprise spécialisée pour être détruit, une procédure qui représentait un coût pour les finances publiques.

Selon la gendarmerie, les nombreuses saisies réalisées chaque semaine lors des opérations contre l’orpaillage illégal posaient également un problème de stockage dans les casernes, où ces carburants demeuraient parfois plusieurs semaines avant leur prise en charge.

Face à cette situation, la gendarmerie a proposé au parquet de Cayenne de rechercher une solution alternative. Cette réflexion a conduit à la signature d’une convention permettant de transférer ces carburants aux collectivités afin qu’ils soient utilisés pour des missions d’intérêt général.

Toutes les communes peuvent en bénéficier

Si Saint-Laurent-du-Maroni est la première commune à avoir bénéficié du dispositif, celui-ci concerne l’ensemble des collectivités de Guyane.

Chaque compagnie de gendarmerie pourra remettre les carburants saisis aux communes de son secteur, en fonction des besoins et des saisies réalisées. Une première livraison de 3 660 litres a d’ailleurs été effectuée à la commune de Papaïchton le 9 juillet, tandis que d’autres remises sont déjà annoncées dans les prochains jours.

Le carburant, principalement saisi sur les filières d’approvisionnement provenant du Suriname, est destiné à alimenter notamment des groupes électrogènes, des tractopelles ou d’autres engins utilisés par les collectivités.

Un dispositif encadré

La convention prévoit un suivi précis des volumes remis.

Chaque bidon distribué est comptabilisé par la gendarmerie. Les collectivités bénéficiaires deviennent responsables du carburant reçu et doivent rendre compte, tous les trois mois, de son utilisation afin de garantir sa traçabilité et son emploi dans le cadre de missions d’intérêt général.

Au-delà de l’aspect logistique, cette nouvelle organisation présente également un intérêt environnemental. En évitant la destruction systématique des carburants saisis, elle réduit les coûts de traitement tout en donnant une seconde utilisation à ces produits, auparavant éliminés par des sociétés spécialisées.

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