Élections municipales : des manifestants réclament des logements abordables à Moncton

À quelques jours des élections municipales et alors que le taux d’inoccupation des loyers abordables est à moins de 1 %, des manifestants se sont réunis à Moncton pour réclamer des solutions à la pénurie de logements abordables.

Habiter un logement propre et sécuritaire devrait être abordable, peut-on lire (en anglais) sur les pancartes que brandissaient des membres de l’organisme Acorn, qui défend les locataires et les personnes à faibles revenus.

Ils n’étaient que six, mais ils n’en étaient pas moins bruyants pour réclamer plus de logements abordables à Moncton.

Pour le président du groupe Acorn à Moncton, Peter Jongeneelen, le logement abordable est l’une des clés dans la lutte contre l’itinérance.

Peter Jongeneelen réclame l’imposition d’un seuil de 20 % de logements abordables sur toutes les nouvelles constructions à Moncton.

Photo : Radio-Canada / Babatundé Lawani

Tout le monde se plaint de l’itinérance, mais la seule façon de lutter contre le sans-abrisme est de rendre disponibles les logements abordables, plaide-t-il.

Un taux d’inoccupation à moins de 1 %

Lukas Jasmin-Tucci de la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL) explique que, dès que les dépenses de logement dépassent 30 % du revenu, on peut considérer qu’il s’agit d’un logement qui n’est plus abordable.

À Moncton, la demande est forte sur le marché locatif en raison de la croissance rapide de la population. En 10 ans, la moyenne de disponibilité, tous types de logements confondus, y est passée de 7,5 à 4 %, selon la SCHL.

Lukas Jasmin-Tucci en entrevue par visioconférence.

Lukas Jasmin-Tucci, économiste à la SCHL. (Photo d’archives)

Photo : Radio-Canada

Malgré la multiplication des chantiers dans la ville, le taux d’inoccupation pour les logements de moins de 1000 dollars par mois est resté très faible, à moins de 1 %.

Tandis que, si on va regarder dans les logements plus dispendieux, 1500 dollars et plus, c’est là qu’on voit les taux d’inoccupation les plus forts. Il est au-delà de 6 %.

Lukas Jasmin-Tucci affirme que Moncton suit en cela la tendance des autres grandes villes au pays.

Mais avec le temps, cette tendance peut finir par s’inverser, surtout avec la baisse des cibles en immigration, croit-il.

On l’a vu dans les dernières années, pour les loyers les moins chers, on est passé de 0 %, donc aucune disponibilité, à presque 1 %. Il y a un changement de ce côté-là, il se fait lentement, mais il est présent, nuance-t-il.

Pour rallier plus de personnes à leur cause, le groupe Acorn et ses membres vont à la rencontre de citoyens. Ils les invitent à consulter les plateformes électorales des candidats à la mairie avant le scrutin du 11 mai prochain.

Voyez ce qu’ils proposent sur l’abordabilité et votez en conséquence, dit Peter Jongeneelen.

Une occasion manquée à Moncton, selon l’opposition officielle

Dans ce contexte de pénurie, une demande de zonage pour un édifice de six étages comprenant 65 logements abordables pour aînés à Moncton a été refusée par le conseil municipal lundi.

Les raisons invoquées : des inquiétudes entourant la taille du bâtiment et la forte densité qu’il pourrait occasionner ainsi que la nécessité d’abattre de grands arbres pour construire le stationnement.

À Fredericton, l’opposition officielle est revenue sur cette décision en indiquant qu’il s’agissait d’une occasion manquée.

On a besoin d’un ministre qui peut gérer ces dossiers, mais on n’a pas un ministre responsable qui peut gérer les choses et gérer les problèmes qui s’en viennent. C’est un gouvernement qui n’est pas conscient, qui n’est pas capable et les preuves sont là , a martelé le chef de l’opposition officielle, Glen Savoie.

Le chef du Parti vert, David Coon, a pour sa part indiqué qu’il faudrait faire preuve de créativité afin d’imaginer des logements adaptés pour les personnes âgées.

Il faut des résidences qui peuvent aider les aînés d’avoir une expérience plus comme leur maison, pas comme un grand appartement qui existe dans les grandes villes. Pour moi, ce n’est pas la meilleure sorte de résidence, j’espère que l’argent sera utilisé pour une sorte de résidence mieux [adaptée] pour les aînés, a-t-il dit lors d’une mêlée de presse.

Ottawa et Fredericton se sont récemment engagés à investir 150 millions de dollars chacun pour accélérer la construction de logements abordables.

D’après le reportage de Babatundé Lawani

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