Plus de 15,3 millions d’habitants sont recensés à Lagos, la plus grande ville du Nigeria, qui s’étend du golfe de Guinée vers l’intérieur des terres et autour de la lagune de Lagos. Parmi eux, il y a au moins une Guadeloupéenne : Déborah Gaël. La Basse-Terrienne a donc choisi de vivre dans l’un des plus grands ports d’Afrique, principal centre industriel et commercial nigérian.
Déborah Gaël n’avait rien planifié. C’est une succession de rencontres et sa curiosité qui l’ont menée là.
« Très tôt, depuis Basse-Terre, j’avais envie de comprendre le monde, de voyager. Après le lycée, j’ai étudié à la Barbade, à Trinidad, en Angleterre. Et puis, en rentrant à Paris, en 2013, j’ai rencontré mon associé, Ayola Dominique, qui est un entrepreneur nigérian, un visionnaire. Et, ensemble, on a vu un problème immense au Nigeria, qui est le manque d’accès à l’électricité et la chaîne du froid en Afrique. On a décidé d’y apporter une réponse. C’est comme ça qu’est née Coolbox. »
Déborah Gaël, entrepreneure au Nigéria
Se lancer dans l’entrepreneuriat, n’a pas été une mince affaire. Le duo a dû relever des défis, pour donner naissance à leur startup. C’était, de surcroît, en 2020, en pleine pandémie de Covid-19 et l’aventure a débuté depuis la Guadeloupe.
« Tant qu’on n’est pas sur place, pour vraiment comprendre les challenges, on ne peut pas gérer une start-up qui compte 350 collaborateurs, depuis la Guadeloupe. Donc, j’ai décidé de m’installer au Nigeria en 2020. Je faisais beaucoup d’allers-retours entre le Nigeria, le Kenya, l’Ouganda et Paris. Mais le Nigeria est devenu ma deuxième maison, aujourd’hui. »
Déborah Gaël, entrepreneure au Nigéria
Coolbox apporte une solution de réfrigération solaire, nous explique la porteuse de projet.
« Pour donner du contexte, en Afrique subsaharienne, vous avez plus de 600 millions de personnes qui n’ont toujours pas accès à l’électricité. Et donc, ça veut dire que ces gens-là n’ont pas accès à la réfrigération. Le résultat, c’est près de 40% de la nourriture produite là-bas qui part à la poubelle chaque année, faute de chaîne de froid. Chez Coolbox, on développe et on fabrique des réfrigérateurs et des congélateurs solaires, qui marchent même sans électricité. On les vend surtout à des petits commerçants de boissons, des gens qui vendent des produits frais, mais aussi au milieu médical (les pharmacies, les hôpitaux, le stockage des vaccins). On travaille aussi avec des grands groupes, notamment avec Danone, qu’on accompagne sur toute la partie logistique de la chaîne du froid. »
Déborah Gaël, entrepreneure au Nigéria
La globe-trotteuse continue de voyager, chaque fois que nécessaire. Sa destination préférée reste la Guadeloupe.
« Je passe beaucoup, beaucoup, beaucoup de temps dans les avions. Beaucoup de mails. Mais, l’important pour moi, c’est de rentrer en Guadeloupe. J’essaie de rentrer au moins une fois par trimestre. J’y étais là, fin mars, pour surprendre ma petite maman, qui partait à la retraite officiellement fin mars. Je rentre vraiment me ressourcer assez souvent en Guadeloupe. »
Déborah Gaël, entrepreneure au Nigéria
Son parcours, exemplaire, peut être une source d’inspiration, pour les jeunes Guadeloupéens.
« J’ai envie de dire, osez. Partez, voyagez, découvrez, osez. La Guadeloupe, c’est un point de départ, j’ai envie de dire, ce n’est pas un plafond. Et si moi, fille de Basse-Terre, de Petit Paris pour être précise, j’ai pu construire une entreprise qui distribue dans 28 pays aujourd’hui, 350 collaborateurs, des levées de fonds avec des investisseurs américains, pourquoi pas vous ? Vous pouvez aussi le faire, n’attendez pas la permission de qui que ce soit, croyez en vos idées, entourez-vous bien surtout et osez. »
Déborah Gaël, entrepreneure au Nigéria
Et le Nigeria dans tout ça ? C’est un pays que Déborah a adopté.
« La Guadeloupe, c’est ma première maison. La Guadeloupe, c’est mon cœur, c’est ma famille. Mais le Nigeria m’a beaucoup appris, m’a appris une forme de résilience, là-bas rien n’est jamais vraiment simple, tout est compliqué, donc on apprend à avancer, mais si tout n’est pas aligné, coupures d’électricité, défis logistiques, pression cash-flow… Malgré ça, on avance et ça m’a beaucoup forgée mentalement. Le Nigeria m’a aussi appris l’ambition sans limite, je suis beaucoup plus ambitieuse aujourd’hui, je n’ai pas peur, j’ose. C’est un pays où les gens pensent grand naturellement, au vu de la taille de la population, on peut arriver avec une idée mais, très vite, ça vous pousse à réfléchir à une échelle continentale, continent africain. Il y a une énergie incroyable. Quand vous sortez de l’aéroport, vous la sentez tout de suite. La jeunesse est très dynamique, créative, débrouillarde. C’est vraiment un pays que j’ai appris à aimer. »
Déborah Gaël, entrepreneure au Nigéria
Bémol : la cuisine nigériane, à laquelle Déborah n’est toujours habituée.
BON À SAVOIR/ « D’ici et ailleurs » est une rubrique que Guadeloupe La 1ère consacre aux Guadeloupéens qui vivent loin de l’archipel. Chaque jeudi, dans le journal télévisé « 13h00 en Guadeloupe« , Eddy Golbakan se connecte avec un membre de la diaspora ; l’occasion de nous raconter ce qu’il (elle) vit à l’étranger.
D’ailleurs, si vous connaissez des Guadeloupéen(ne)s expatrié(e)s, comme Déborah, quels que soient leurs domaines d’activité, et que vous souhaitez les mettre en avant, vous pouvez nous contacter par mail, à l’adresse suivante : 13henguadeloupe@francetv.fr
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