Forages en Guinée : Bah Oury alerte, mais à qui la faute ?

La mise en garde du Premier ministre Bah Oury sur les risques liés à l’exploitation excessive des nappes phréatiques mérite d’être entendue. Oui, les forages se multiplient en Guinée. Oui, à cette allure, la nappe phréatique peut être menacée. L’exemple de certains pays, comme l’Inde, montre que la surexploitation de l’eau souterraine peut devenir un véritable danger écologique et humain.

Cependant, question : pourquoi les Guinéens se ruent-ils vers les forages ?

La réponse est simple : parce que le service public de l’eau ne répond pas suffisamment aux besoins des populations. Dans beaucoup de quartiers, l’eau courante est rare, irrégulière ou inexistante. Les plus nantis creusent donc des forages pour survivre. Et souvent, par solidarité, ils font sortir un robinet devant leur concession pour permettre aux voisins moins favorisés de s’approvisionner.

Dès lors, le problème ne peut pas être posé uniquement sous l’angle de la sensibilisation ou de l’interdiction. On ne peut pas reprocher aux citoyens de chercher de l’eau quand l’État ne leur en fournit pas.

Le véritable défi de l’exécutif est ailleurs : faire fonctionner le service public. Donner de l’eau potable à tous. Investir dans les infrastructures. Réhabiliter les réseaux. Moderniser la distribution. Sécuriser durablement l’accès à l’eau.

Car avant de dénoncer les forages, il faut d’abord reconnaître ce qu’ils sont devenus : le symptôme d’une défaillance publique. Et tant que cette défaillance persistera, les citoyens continueront à creuser. Non par plaisir, mais par nécessité.

Ibrahima S. Traoré pour guinee7.com

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