L’Égypte apporte son «soutien total» au projet de gazoduc TSGP qui relie le Nigeria à l’Algérie via le Niger.
Transsaharien (TSGP), reliant le Nigeria à l’Algérie via le Niger, et visant à acheminer jusqu’à 30 milliards m³ de gaz par an vers l’Europe, est sur le point de se concrétiser sur le terrain. Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, avait annoncé, en février dernier, le lancement de la réalisation du tronçon traversant le Niger. Et après le soutien affiché par plusieurs pays et institutions régionales, l’Égypte exprime lundi son «soutien total» à ce mégaprojet énergétique de plus de 4.000 km.
La délégation de l’OPPO reçue par le ministre égyptien
Selon un communiqué de l’Organisation africaine des producteurs de pétrole (APPO), faisant suite à une audience accordée lundi au Caire à son SG, l’Algérien Farid Ghezali, à la tête d’une délégation, par le ministre égyptien du Pétrole et des Ressources minérales, Karim Badawi, ce dernier annonce «le soutien total de l’Égypte au pipeline transsaharien».
Ainsi, après le soutien du projet exprimé par plusieurs institutions dont l’Union africaine (UE), Afreximbank (Banque africaine d’import-export), la BAD (Banque africaine de développement) et l’APPO, en plus de l’implication directe du Nigeria et du Niger, c’est au tour de l’Égypte d’annoncer son soutien à ce projet structurant qui devrait renforcer la place de l’Afrique sur le marché énergétique mondial, connaissant une rupture historique du fait de l’escalade militaire dans le Golfe et le Moyen-Orient.
Dans un éditorial publié récemment sur le site web de l’APPO, intitulé «L’Afrique : pivot stratégique du nouvel échiquier énergétique», Ghezali avait souligné que le projet du TSGP «figure parmi les infrastructures permettant de mieux valoriser les vastes ressources gazières africaines et d’offrir une nouvelle voie d’acheminement vers les marchés internationaux, notamment européens, dans un contexte marqué par des tensions et des perturbations persistantes sur les routes énergétiques traditionnelles. Grâce aux grands projets structurants africains, dont le TSGP, l’Afrique «ne sera pas seulement fournisseur. Elle sera l’architecte», soutenait Ghezali.
«Sonatrach prendra les choses en main»
En février dernier, dans une déclaration conjointe à la presse avec le président de la République du Niger, chef de l’État, le général d’armée Abdourahamane Tiani, le président Tebboune avait annoncé: «Nous sommes convenus du lancement du projet de réalisation du tronçon du gazoduc transsaharien traversant le Niger, pays frère, juste après le mois de Ramadhan», précisant que «Sonatrach prendra les choses en main et entamera l’installation du pipeline traversant le Niger». Une annonce qui fera accélérer la concrétisation du projet.
De l’avis de plusieurs experts, le TGSP serait le gazoduc le moins complexe, le moins coûteux, le plus réaliste, le plus crédible techniquement et le plus stratégique, comparé à d’autres projets, comme le Nigeria-Morocco Gas Pipeline (NMGP), perçu par certains observateurs comme un «projet mirage» vu sa longueur, son coût astronomique et la traversée de plus d’une dizaine de pays.
«Le TSGP n’est pas irréalisable : il est techniquement faisable. Comparé à d’autres projets de gazoducs dans la région et dans le monde, il n’est même pas particulièrement complexe. C’est un gazoduc terrestre relativement court, traversant deux juridictions avant de se connecter à des infrastructures d’exportation existantes», analysait l’expert américain et directeur général de la société de conseil en gestion des risques en Afrique du Nord, le Pr Geoff D. Porter, dans une récente note d’analyse.
Lydia Bouzidi
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