C’est au cœur de la campagne catalane que nous avons essayé la dernière nouveauté du nord-américain Can-Am, le quad Outlander Electric. Nous l’avons pris en main dans une grande diversité de chemins, carrossables comme très accidentés. Cette déclinaison de l’Outlander est totalement électrique, elle fonctionne sur batterie rechargeable. Elle est donnée pour une puissance de 47 ch, soit l’équivalent d’un 750 cm³ selon le constructeur.
Après avoir fait le tour de l’engin, nous enfourchons sa selle et appuyons sur le bouton pour démarrer, et là, rien. Un simple bip se fait entendre, signe que le véhicule est allumé. Aucun bruit de moteur, aucune odeur d’essence, pourtant, nous sommes prêts à partir… Enfin presque.
Bien que ce modèle utilise un moteur électrique, il conserve une transmission similaire à celle des modèles thermiques. Elle comprend deux vitesses, L et H (lente ou rapide), un neutre et la position Parking. Nous quittons cette dernière au profit de la vitesse rapide. Comme sur tout quad, nous gérons l’avancement avec une gâchette placée sur le guidon.
Un couple immédiat
Une fois partis, nous sommes seuls avec la nature ibérique. Ce calme n’est troublé que par le faible ronronnement du moteur, les suspensions qui travaillent ou les cailloux qui heurtent le châssis. L’accélérateur progressif est vraiment agréable à manipuler. Néanmoins, le couple instantané de l’électrique peut surprendre.
Le moindre appui excessif fait immédiatement déraper les roues arrière. Pour nous aider à appréhender cette bête parfois trop joueuse, la gâchette dispose de trois réglages de réactivité : Travail, Normal et Sport. Nous modifions ce paramètre avec un interrupteur sur le guidon.
La nuance entre les différents modes n’est pas flagrante, et nous restons en mode Normal. Au moment de passer la marche arrière, surprise ! Elle n’est pas sur le levier de vitesses. Pour éviter de la passer par erreur, il faut s’arrêter, laisser le levier de vitesses en L ou H, maintenir un des deux freins et enfin appuyer sur le bouton de démarrage jusqu’à ce qu’un bip se fasse entendre, et que la lettre R s’affiche sur l’écran. Peu de chance que nous l’activions par erreur !
Frein régénératif
Les informations sur le quad et ses différents réglages sont consultables depuis un écran couleur de 5 pouces placé derrière le guidon. En fonctionnement, l’écran affiche l’autonomie en kilomètres via une jauge. Lorsque le quad est branché, l’interface affiche le taux de recharge et le nombre de kilomètres disponibles.

Comme d’autres véhicules électriques, ce quad adopte un freinage régénératif. Il récupère ainsi de l’énergie dès que nous relâchons l’accélérateur. L’efficacité de ce système est indéniable et assure une certaine sécurité face à une machine très nerveuse. Il est ajustable selon trois modes : Min, Moyen et Max. Ces derniers ne s’affichent sur l’écran que lorsque nous manipulons le commutateur placé sur le guidon pour les paramétrer.
Le mode Max est impressionnant d’efficacité, même face à des pentes abruptes. Il est alors possible de récupérer de la batterie. Dans une forte pente, nous avons regagné 4 km d’autonomie. Néanmoins, sur un revêtement peu stabilisé, ce dispositif est presque trop efficace et aurait tendance à bloquer les roues et à nous faire déraper.
Une direction adaptable
Du haut de ses 402 kg à vide, ce quad conserve une agilité impressionnante. Il va là où vont ses homologues thermiques sans sourciller. L’ensemble des composants est étanche. Il est ainsi possible de passer dans des flaques profondes. Pour supporter le couple et limiter la consommation électrique, Can-Am a monté des pneus maison spécialement conçus.
L’assistance de la direction est aussi réglable selon trois modes. Dans les tronçons plus accidentés, nous avons choisi une assistance plus importante pour évoluer sur des gros rochers ou grimper les endroits escarpés. Dans les zones les plus carrossables, nous réglons l’assistance au minimum, afin de limiter la sensibilité. La différence est notable.
Malgré son côté joueur et récréatif indéniable, cette machine conserve un aspect professionnel. L’Outlander peut recevoir un treuil et accueillir une petite cuve ou un distributeur à l’arrière. Il embarque plusieurs coffres de rangement et peut tracter jusqu’à 850 kg. Il adopte également un limiteur de vitesse, pour travailler facilement à allure constante.
À partir de 17 679 € TTC
Can-Am annonce 80 km d’autonomie, mais cette dernière devra être validée face à des activités gourmandes en puissance. Nous regrettons également l’absence d’un système qui immobilise le véhicule automatiquement à l’arrêt. Au moment de « faire le plein », Can-Am annonce passer de 20 à 80 % de charge en 50 minutes avec un chargeur de niveau 2 mais en 3h10 pour un chargeur de niveau 1.
Enfin, le tarif pourra en électriser plus d’un. L’Outlander Electric est annoncé à 17 679 euros TTC. Une version avec un siège supplémentaire est proposée à 18 579 euros TTC. Au-delà du prix et de l’autonomie qu’il faudra confronter à des travaux lourds, cette déclinaison électrique de l’Outlander se démarque par une conduite sportive et plaisante. Elle délivre cependant une nervosité brut et mutique qu’il faut apprendre à dompter.

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