Le port ghanéen de Tema renforce ses capacités. Meridian Port Services (MPS), filiale d’Africa Global Logistics (AGL) a réceptionné le 8 avril dernier, un lot de 16 portiques de parc électriques (RTG) destinés au terminal 3 de la plateforme portuaire. Ces équipements doivent permettre d’augmenter les cadences de manutention tout en réduisant l’empreinte carbone du terminal.
Un programme d’extension stratégique
Cette livraison s’inscrit dans la phase 2 du vaste programme d’extension du port de Tema lancé en 2023. Ce projet d’un coût global de 1,5 milliard USD (environ 1,28 milliard d’euros) entre dans le cadre d’un partenariat publicprivé entre MPS, l’Autorité portuaire (GPHA), APM Terminals (Maersk et AGL). Outre les 16 RTG supplémentaires, MPS prévoit la mise en service de 3 nouveaux portiques de quai (STS) et de 41 camions de terminal électriques, ce qui fera passer le parc de grues de quai de 12 à 15 unités et celui des RTG électriques de 35 à 51 unités.
L’ensemble du terminal bénéficie aussi de nouveaux groupes électrogènes haute capacité et de systèmes de gestion de l’énergie, afin de sécuriser l’alimentation électrique des opérations. Grâce à ces acquisitions et à l’extension des aires de stockage, la capacité de traitement du terminal 3 doit passer progressivement à 3,7 millions d’EVP par an, avec quatre postes à quai sur 1,4 km.
Des enjeux de compétitivité
Avec ces investissements, le port de Tema entend se positionner comme un important hub logistique en Afrique de l’Ouest, dans un contexte de compétition portuaire particulièrement vive.
D’un côté, le complexe portuaire d’Abidjan continue de dominer le trafic global, avec 46,6 millions de tonnes de fret traitées en 2025, tirées par la demande intérieure ivoirienne sur les vracs secs, les vracs liquides et le fret conventionnel. De l’autre, sur le segment des conteneurs, la hiérarchie est plus disputée. Tema a manutentionné environ 2,2 millions d’EVP en 2025, contre 1,6 million pour Abidjan, tandis que Lomé avait déjà franchi le seuil des 2,06 millions d’EVP en 2024, en grande partie grâce au transbordement.
Dans ce jeu à trois, Tema se positionne comme un hub orienté à la fois vers la desserte du marché ghanéen et vers le transit régional, alors que Lomé mise fortement sur le transbordement et qu’Abidjan s’appuie sur une base de trafic plus liée à sa propre économie. La montée en capacité et en sophistication du terminal 3 doit permettre à Tema de consolider ses parts de marché, de sécuriser des services directs et de rester compétitif en termes de coûts et de fiabilité par rapport à ses voisins. Les enjeux sont particulièrement sensibles pour les flux à destination des pays enclavés.
Ma Tribune
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.
Aujourd’hui, le port de Tema est l’un des principaux poumons du commerce en Afrique de l’Ouest, en particulier pour les pays enclavés comme le Burkina Faso, le Mali et le Niger. Situé à proximité d’Accra et relié à plusieurs corridors routiers et ferroviaires, il sert de porte d’entrée maritime stratégique pour leurs importations de produits pétroliers, de céréales, d’engrais et de biens manufacturés, ainsi que pour leurs exportations vers les marchés mondiaux.
Dans la bataille qui l’oppose au Togo, le Ghana cherche aussi à approfondir la coopération portuaire internationale, comme en témoigne la signature en mars dernier d’un protocole d’accord avec la Colombie pour partager les bonnes pratiques et explorer des synergies en matière de formation, d’innovation et de développement de corridors logistiques.
Crédit: Lien source