Depuis fin mai 2026, la Marine nationale multiplie les opérations en eaux guyanaises 19 tonnes saisies, 25 km de filets récupérés.
Un patrouilleur Antilles-Guyane a intercepté un nouveau navire de pêche illégale le 13 juin 2026, selon la Marine nationale. En moins de deux semaines, les forces armées en Guyane totalisent 19 tonnes de produits saisis, 25 km de filets et 6 moteurs appréhendés.
L’essentiel
- 13 juin 2026 : un patrouilleur Antilles-Guyane intercepte un navire de pêche et saisit plusieurs tonnes de produits et équipements illicites, selon @MarineNationale.
- 28 mai – 3 juin 2026 : 6 contrôles réalisés par deux patrouilleurs, bilan de 19 tonnes de produits de la pêche, 25 km de filets et 6 moteurs de propulsion saisis.
- Opération Mokarran (fév.-mars 2026) : 11 tonnes de poissons et 32 km de filets saisis sur 6 navires lors d’une opération antérieure.
- Contexte structurel : selon un rapport Ifremer/CRPMEM/WWF (2024), la production illégale estimée atteint 3 608 tonnes/an en moyenne (2019-2023), contre 1 958 tonnes pour la pêche légale locale.
Nouvelle interception le 13 juin
Le compte officiel @MarineNationale a annoncé ce 13 juin 2026 qu’un patrouilleur Antilles-Guyane venait d’intercepter un navire de pêche en eaux guyanaises. À bord : plusieurs tonnes de produits issus de la pêche illicite et d’importants équipements de pêche, désormais saisis. Le ministère des Armées avait déjà mentionné cette interception dans son point de situation des opérations couvrant la période du 4 au 11 juin 2026.
Les opérations sont conduites sous l’autorité du préfet de Guyane, délégué du gouvernement pour l’action de l’État en mer, selon Karibinfo et les Forces armées en Guyane (FAG).
Bilan de fin mai : 19 tonnes et 25 km de filets
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La semaine précédente avait déjà été chargée. Entre le 28 mai et le 3 juin 2026, deux patrouilleurs ont réalisé six contrôles de navires en situation de pêche illégale dans les eaux françaises. L’état-major des armées a publié le bilan : 19 tonnes de produits de la pêche, 25 km de filets, 6 moteurs de propulsion et du matériel divers saisis. France Guyane et Karibinfo confirment ces chiffres, précisant que les navires interceptés battaient pavillon surinamais ou guyanien.
Les FAG ont de leur côté détaillé l’opération sur X, mentionnant également 150 kg de vessies natatoires récupérées, un sous-produit à forte valeur marchande en Asie.
Ces navires sont communément appelés « tapouilles » dans le langage local – des embarcations de pêche artisanale de fort tonnage, souvent sans licence ni pavillon valide pour les eaux françaises. Guyane La 1ère a embarqué à bord d’un patrouilleur du 29 au 31 mai pour documenter ces interceptions en direct.
Des unités dédiées à la police des pêches
Les patrouilleurs Antilles-Guyane (PAG) de la classe La Confiance sont les unités de la Marine nationale affectées à ces missions. La Confiance (P733) et La Résolue sont les deux bâtiments régulièrement déployés pour la souveraineté maritime et la police des pêches en Guyane, selon le ministère des Armées. En avril-mai 2026, c’est La Résolue qui avait conduit une opération ayant permis la saisie de 25 tonnes de vivaneau, dans un contexte où les enjeux de souveraineté guyanaise restent vifs. Le préfet de région avait alors communiqué sur X.
Historique récent : Mokarran et série d’opérations en 2026
L’opération Mokarran, conduite du 23 février au 29 mars 2026, avait déjà mobilisé la Marine nationale sur ce front : environ 11 tonnes de poissons et plus de 32 km de filets saisis sur 6 navires illégaux, selon le ministère des Armées. En cumulant les différentes opérations de 2026, les saisies dépassent plusieurs dizaines de tonnes. Le rythme s’est accéléré depuis le printemps. Les forces de sécurité en Guyane multiplient les opérations tous azimuts, terrestres comme maritimes.
Contexte dans le département (973 – Guyane)
La Guyane dispose d’une zone économique exclusive (ZEE) parmi les plus étendues de France en Atlantique. Ses eaux sont soumises à une pression de pêche illégale documentée et croissante. Un rapport commun Ifremer, CRPMEM et WWF publié en 2024 l’établit clairement : la production issue de la pêche illégale étrangère est estimée en moyenne à 3 608 tonnes par an sur la période 2019-2023, contre 1 958 tonnes pour la pêche légale locale. Le phénomène a doublé en douze ans, selon les mêmes auteurs. La ressource halieutique guyanaise – vivaneau, acoupa, crevettes – est directement menacée par cette surexploitation.
Les navires en infraction proviennent principalement du Suriname et du Guyana voisins, deux pays dont les pêcheurs franchissent régulièrement la frontière maritime. Les FAG coordonnent leurs opérations avec la préfecture maritime et le préfet de Guyane. Le préfet de Guyane est par ailleurs mobilisé sur plusieurs fronts sécuritaires en ce mois de juin 2026.
D’autres saisies sont à attendre : les patrouilleurs opèrent en continu, et aucune trêve saisonnière n’a été annoncée par les autorités militaires.
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