Immobilier en Martinique : face aux successions bloquées, les experts appellent au dialogue et à l’anticipation
Le Club Immobilier Antilles-Guyane organisait samedi 9 mai, à l’Institut Martiniquais du Sport, “Le Rendez-vous des investisseurs”, une journée consacrée à l’investissement immobilier et à la transmission patrimoniale.
Tout au long de la journée, particuliers et professionnels ont pu assister à des conférences, échanger avec des experts et obtenir des conseils concrets pour mieux structurer, transmettre ou développer leur patrimoine.
Car en Martinique, de nombreux biens immobiliers restent encore aujourd’hui bloqués par des successions complexes ou des indivisions familiales qui empêchent parfois de vendre, construire ou même entretenir les propriétés.
« Derrière un blocage, il y a souvent une blessure »
Pour Laurence Hunel Osier-LaFontaine, avocate et médiatrice, ces situations dépassent largement le simple cadre administratif ou juridique.
« Le problème est souvent au sein des familles, au niveau de la communication », explique-t-elle. Selon elle, beaucoup de familles arrivent chez le notaire sans avoir réellement discuté des tensions ou incompréhensions qui entourent le patrimoine familial.
L’avocate encourage ainsi le recours à la médiation avant même d’engager des procédures judiciaires souvent longues, coûteuses et incertaines.
« Derrière un blocage, il y a souvent une blessure de l’enfance. On croit parfois que le conflit concerne des chiffres ou des lots, mais ce sont souvent des rivalités anciennes ou des sentiments d’injustice qui ressurgissent au moment du partage. »
Laurence Hunel Osier-LaFontaine, avocate et médiatrice
Pour la médiatrice, ces rencontres publiques jouent donc un rôle essentiel pour faire évoluer les mentalités et encourager les familles à débloquer les indivisions.
L’anticipation, clé de la transmission
Même constat pour Geneviève Langlois, spécialiste en stratégie patrimoniale, qui estime que la principale difficulté vient des successions non préparées.
« Des successions qui n’ont pas été réglées et des indivisions nombreuses bloquent totalement la possibilité d’aménager, revendre ou récupérer une partie du patrimoine. »
Geneviève Langlois, spécialiste en stratégie patrimoniale
Face à ces situations, elle insiste sur l’importance d’anticiper la transmission dès l’acquisition d’un bien immobilier.
« Il faut préparer très en amont les investissements et les acquisitions immobilières », rappelle-t-elle, tout en encourageant les familles à faire appel aux notaires et aux médiateurs pour renouer le dialogue.
Selon elle, le blocage d’un héritage peut avoir des conséquences lourdes : perte de valeur des biens, dégradation du patrimoine familial ou impossibilité pour les descendants d’en bénéficier.
Investir avec méthode
Au-delà des problématiques successorales, les échanges ont aussi porté sur les bonnes pratiques en matière d’investissement immobilier.
Pour Geneviève Langlois, un bon projet immobilier repose avant tout sur une préparation rigoureuse.
« Un bon dossier, c’est un dossier analysé, structuré, pour lequel on a étudié les risques, le potentiel locatif, les possibilités de revente et les évolutions financières et fiscales. »
Geneviève Langlois, spécialiste en stratégie patrimoniale
La spécialiste appelle également les investisseurs à rester informés des évolutions réglementaires et fiscales françaises, qu’elle juge complexes et mouvantes.
Dans un contexte où de plus en plus de Martiniquais voient dans l’immobilier un moyen de sécuriser leur avenir financier et de préparer leur retraite, cette journée aura surtout permis de rappeler qu’investir ne se résume pas à acheter un bien : il faut aussi penser à sa transmission.
Indivision successorale : une nouvelle loi a été adoptée pour simplifier la procédure
Crédit: Lien source