Incompréhension à Sainte-Anne après plusieurs actes de sabotages sur le dispositif anti-sargasses

Les premières dégradations ont été constatées sur plusieurs filets installés au large de Sainte-Anne afin de limiter l’arrivée des sargasses sur le littoral. Alertées par une riveraine, les équipes de Filet DROM, l’entreprise martiniquaise en charge du déploiement du dispositif, ont découvert des installations sectionnées à plusieurs endroits.

Selon les premières constatations, le sabotage des deux filets déviants positionnés devant la section de Castaing se serait produit durant le week-end dernier, vraisemblablement dans la nuit de samedi à dimanche. Le premier filet, situé à l’ouest de la zone, a été littéralement éventré en son milieu. Le second, installé plus à l’est, a depuis pu être réparé, mais les dégâts observés étaient particulièrement importants.

Pour Octave de Jaham, chef de chantier chez Filet DROM, les traces retrouvées sur place ne laissent guère de doute sur l’origine des dégâts qui sont importants et nécessitent plusieurs heures d’intervention pour remettre les installations en état. Certaines parties des filets se sont retrouvées complètement à la dérive après la coupure des systèmes de maintien.

« On a constaté qu’il a bel et bien été coupé, qu’il ne s’est pas cassé parce que les coupures sont très nettes sur les cordes et sur le grillage. Ce sont des coupures avec des outils, pince ou couteau, je penche plutôt pour la pince à ce niveau-là, parce que c’est quand même assez net partout. Ils ont coupé des cordes de mouillage, ils ont coupé entre les poteaux, j’ai retrouvé un filet complètement à la dérive. Les filets se sont emmêlés entre eux, complètement entortillés puisque ça a été coupé à plusieurs endroits. Ça nous arrive qu’en Guadeloupe. On fait des filets depuis dix ans dans toute la Caraïbe et il n’y a qu’en Guadeloupe qu’on a des actes de sabotage comme ça. »

Octave de Jaham, chef de chantier chez Filet DROM · ©Eric Stimpfling

Selon les équipes sur place, ces actes restent difficiles à comprendre, notamment dans des zones où aucun passage de bateau ne semble être gêné par les installations. Ces actes de malveillance ne seraient malheureusement pas une première dans la commune. Les premiers filets anti-sargasses installés l’an dernier devant le Club Med et le port de pêche des Galbas avaient déjà été découpés à plusieurs reprises.

La mairie de Sainte-Anne envisage de nouvelles plaintes

Face à ces dégradations répétées, la municipalité de Sainte-Anne dit prendre la situation très au sérieux. Le maire, Franck Baptiste, explique avoir été alerté par les rapports du prestataire chargé des installations anti-sargasses. Plusieurs secteurs de la commune seraient concernés, notamment Galbas, Castaing et Dubellay. Le maire affirme désormais étudier les suites judiciaires à donner à cette affaire, alors que ces équipements représentent un investissement conséquent pour la collectivité.

« Nous avons missionné un prestataire pour poser ces barrières afin de protéger la plage de Sainte-Anne et singulièrement nos riverains. Nous avons constaté qu’il y a eu des sabotages, car le prestataire m’a fait un rapport qui dit carrément qu’on a coupé et saboté ces barrières anti-sargasses. C’est quand même 600 000€ que nous avons investis, qui ne sont pas encore réalisés en totalité. Je pense que, sur ce point, je porterai plainte pour ces affaires-là. »

Francs Baptiste, maire de Sainte-Anne · ©Eric Stimpfling

Des actes de sabotages sur terre comme sur mère

Du côté des entreprises chargées du ramassage des algues, là aussi c’est l’incompréhension. Didier Janky, gérant de la société TP Janky, affirme que ses équipes sont elles aussi confrontées à des actes de vandalisme de plus en plus fréquents. Malgré les plaintes déjà déposées, les actes continuent et compliquent fortement le travail des équipes sur le terrain.

« Au début, c’était sur le carburant essentiellement, et aujourd’hui on voit vraiment qu’il y a une volonté de saboter les engins pour arrêter la collecte des sargasses. Les les organes moteurs sont visés, l’intérieur de la cabine de la machine aussi sans oublier le vandalisme sur les glaces. On travaille sept jours sur sept et ça devient de plus en plus difficile pour qu’on puisse exercer notre métier. »

Didier Janky, gérant de la société TP Janky · ©Eric Stimpfling

Au-delà des sabotages, les professionnels de la mer continuent de subir les conséquences directes des échouements massifs de sargasses. Certains pêcheurs affirment être désormais bloqués par la vase accumulée dans certaines zones du littoral.

Le marin-pêcheur Frédéric Boudhou décrit des bateaux immobilisés et des journées de travail perdues.

« Là, on est vraiment bloqués, on ne peut même plus sortir pour aller travailler à cause de la vase qui s’est déposée. Nos bateaux sont prisonniers dans la vase. Ça fait plus d’une semaine qu’on est bloqués. Mon neveu devait y aller aujourd’hui, il n’a pas pu. À cause de ça, il a perdu sa journée d’aujourd’hui et demain aussi parce que le bateau est bloqué dedans. »

Frédéric Boudhou, marin-pêcheur · ©Eric Stimpfling

Si les auteurs des faits n’ont pas encore été identifiés, plusieurs questions se posent sur les motifs véritables de ces actes de sabotages. Les avancées de l’enquête qui sera menée par la gendarmerie seront particulièrement suivies.

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