La Banque centrale du Ghana mise sur les capitaux de la diaspora pour constituer des ressources longues en faveur des PME
La Banque du Ghana (BoG) a annoncé une nouvelle orientation stratégique visant à transformer les transferts de fonds de la diaspora en une source de capitaux d’investissement à long terme. Lors d’une table ronde à Washington D.C., le gouverneur de la banque centrale, le Dr Johnson Pandit Asiama, a révélé que ces flux financiers ont atteint près de 7,8 milliards de dollars américains à la fin de l’année 2025, contre 4,6 milliards en 2024. Représentant désormais environ 6 % du produit intérieur brut (PIB), ces entrées de fonds surpassent les investissements directs étrangers (IDE), consolidant ainsi leur rôle systémique dans la stabilité extérieure et la position monétaire du pays.
L’institution d’émission collabore actuellement avec les agences étatiques pour structurer des produits financiers spécifiques, notamment des obligations destinées à la diaspora et des véhicules d’investissement dédiés aux petites et moyennes entreprises (PME), ainsi qu’aux projets d’infrastructures. Cette initiative s’accompagne d’une révision des cadres réglementaires régissant les flux transfrontaliers et de la promotion de produits d’investissement libellés en devises, par l’intermédiaire d’institutions financières supervisées. L’objectif est de considérer les Ghanéens de l’étranger comme des investisseurs nationaux, capables de fournir un financement stable et moins volatil que les sources traditionnelles de capitaux extérieurs.
Cette politique de mobilisation de l’épargne des expatriés s’inscrit dans un effort de diversification de la base de financement du Ghana, à la suite de sa récente restructuration de la dette souveraine. Les autorités monétaires soulignent la résilience des transferts de fonds, qui demeurent constants même en période de ralentissement économique mondial ou de tensions internes. En redirigeant ces flux vers des secteurs productifs tels que l’immobilier, les titres publics et la technologie financière, la Banque du Ghana entend renforcer la transformation économique tout en réduisant la dépendance du pays à l’égard de l’aide et des emprunts extérieurs classiques.
Pour soutenir cette ambition, la Banque du Ghana déploie des outils de financement numérique destinés à optimiser la rapidité et la transparence des règlements. La stratégie inclut des partenariats avec des entreprises de technologie financière (fintech) afin d’intégrer des modèles fondés sur le registre distribué et la tokenisation, sous surveillance réglementaire. Ces innovations techniques visent à réduire les coûts de transaction et les délais de transfert, garantissant ainsi aux investisseurs de la diaspora un parcours sécurisé et efficace pour l’allocation de leurs ressources dans les actifs financiers et physiques ghanéens.
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