Avant même le début des travaux, le projet immobilier « Wakia » fait déjà beaucoup réagir au Moule. Ce programme prévoit la construction de 58 logements haut de gamme, du studio au T3, à quelques mètres seulement de la plage des Dauphins.
Si la municipalité a été séduite par le projet, du côté des riverains et des associations de défense de l’environnement, l’inquiétude grandit. Certains dénoncent un projet qu’ils jugent « incohérent » et potentiellement dangereux pour cette zone du littoral. Face à cela, des habitants ont décidé de se regrouper au sein d’un collectif baptisé « Sauvons la plage des Dauphins ».
L’Association pour la Sauvegarde et la Réhabilitation de la Faune des Antilles (ASFA) a également pris position. Sa présidente, Béatrice Ibéné, explique avoir découvert récemment l’existence du projet. Si elle reconnaît que celui-ci ne semble pas enfreindre, à ce stade, le droit forestier actuel, elle estime malgré tout que son impact environnemental soulève de vraies questions.
Selon elle, plus d’un demi-hectare de forêt sèche pourrait être détruit pour laisser place à la résidence. Elle évoque notamment la présence d’un mapou centenaire, une essence indigène de Guadeloupe et endémique des Petites Antilles, considérée comme un arbre à forte valeur patrimoniale.
« Curieusement, il n’y a pas eu de demande de dérogation d’espèces protégées. Or dans ce bois, c’est l’habitat d’espèces protégées. Qu’il s’agisse de chauve-souris, de reptiles, d’oiseaux. Nous ce qu’on demande, c’est au moins que la DEAL demande au promoteur de faire expertiser au niveau faune et flore les essences qui y sont. »
Béatrice Ibéné, présidente de l’Association pour la Sauvegarde et la Réhabilitation de la Faune des Antilles (ASFA) soutient cette mobilisation
De son côté, la mairie du Moule défend un projet conforme aux règles en vigueur. Joint par téléphone, Pierre Porlon, premier adjoint au maire en charge de l’urbanisme, assure que le terrain concerné n’est pas situé dans les cinquante pas géométriques et rejette les accusations de bétonisation du littoral.
« Le projet se situe sur une colline qui surplombe la plage. Une commune ne peut refuser un permis de construire lorsque le terrain est constructible et que le dossier respecte le règlement d’urbanisme. »
Pierre Porlon, premier adjoint au maire en charge de l’urbanisme
Des arguments qui n’arrivent pas à convaincre les opposants au projet. Olivier Tanton, membre du collectif « Sauvons la plage des Dauphins », dénonce un projet de « spéculation immobilière » dans une zone qu’il estime particulièrement sensible face aux risques de submersion et d’érosion du littoral.
« Beaucoup de choses nous ont interpellé comme les voies d’accès, l’assainissement ou encore l’intégration du projet. La plage des Dauphins représente bien plus qu’un simple site balnéaire. C’est là où tout le monde a appris à nager. Nous craignons une disparition progressive de l’authenticité du lieu. »
Olivier Tanton, membre du collectif « Sauvons la plage des Dauphins »
La pétition « Sauvons la plage des Dauphins » a réuni, à ce jour, 18 600 signatures sur le site myPetition.org.
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