Le concept de l’inclusion scolaire, unique dans les salles de classe du Nouveau-Brunswick, pourrait être repensé d’ici quelques années. La ministre de l’Éducation, Claire Johnson, affirme que son ministère est en train de revoir l’application de ce modèle, au lendemain du dévoilement d’un plan d’éducation de 12 ans.
Claire Johnson vient ainsi de lancer un vaste débat public sur l’inclusion scolaire.
Par rapport à l’inclusion et à la composition de la classe, c’est quelque chose qu’on a entendu beaucoup pendant notre consultation. Il faut repenser comment intégrer toutes les différentes personnes avec tous les différents niveaux de besoins à l’intérieur de nos milieux d’apprentissage.
Claire Johnson, ministre de l’Éducation et du Développement de la petite enfance. (Photo d’archives)
Photo : Radio-Canada / Alix Villeneuve
Claire Johnson se demande si la salle de classe est le milieu approprié pour tous les élèves, en tout temps.
Un concept salué
Le Nouveau-Brunswick a souvent été cité en exemple pour son modèle d’inclusion scolaire, notamment par l’UNESCO. Depuis 40 ans, tous les élèves, qu’ils aient des handicaps, qu’ils soient surdoués ou qu’ils aient des besoins spéciaux sont placés avec les élèves « réguliers » dans une même classe.
Dans le plan d’éducation pour le secteur francophone dévoilé mardi et qui s’étend sur une période de 12 ans, on apprend qu’au cours des trois prochaines années, le Ministère va passer en revue la politique 322 sur l’inclusion scolaire pour définir des attentes provinciales claires en la matière.
Les auteurs du plan veulent aussi :
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Améliorer la formation des enseignants en matière d’inclusion;
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Affecter le personnel spécialisé en fonction des besoins réels;
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Suivre de près les résultats des élèves qui ont un plan d’intervention.
Le milieu associatif inquiet
L’association Inclusion NB demande à la ministre de clarifier ses propos, notamment sur la politique 322.

Danny Soucy est conseiller en programmation pour l’organisme Inclusion NB. (Photo d’archives)
Photo : Radio-Canada
Le porte-parole d’Inclusion NB, Danny Soucy, s’inquiète de voir l’inclusion scolaire remise en question. Il tient à ce que l’éducation au Nouveau-Brunswick demeure inclusive afin de respecter le droit de chaque élève d’être éduqué dans l’école de son quartier. Il craint que des élèves à besoins spéciaux soient retirés de leur salle de classe.
Qu’on dise qu’on va développer d’autres lieux à côté pour différents types de situation, on ne parle plus d’une éducation inclusive à ce moment-là. On parle d’une ségrégation, d’un milieu séparé de leurs pairs.
Il croit que tous les élèves ont à l’occasion besoin de temps particulier pour toutes situations, mais que le retour à la routine régulière doit toujours faire partie du plan
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De son côté, Shelley Petit, présidente de la Coalition des personnes handicapées du Nouveau-Brunswick, accepte l’idée d’une révision, mais pas en excluant les élèves à besoins spéciaux de la salle de classe.

Depuis 40 ans, les élèves avec des handicaps ou des problèmes d’apprentissage sont dans les mêmes classes que tous les élèves. (Photo d’archives)
Photo : Radio-Canada / Sarah Déry
Il est important pour l’association que le droit à l’éducation de ses membres soit respecté, sinon amélioré.
Elle ajoute que la formation et les ressources sont souvent déficientes.
Ils ont un petit peu de formation sur l’autisme […] Ils n’ont pas d’apprentissage sur la majorité des handicaps. Ils ne savent pas comment travailler avec ces jeunes-là. Ce n’est pas de leur faute. C’est la formation qui manque.
La question des ressources
Pour l’Association des enseignants francophones du Nouveau-Brunswick (AEFNB) l’inclusion demeure une cible essentielle, mais elle ne peut être atteinte sans les ressources humaines, financières et les espaces adaptés
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Par voie de communiqué, l’AEFNB affirme que l’environnement d’apprentissage pour chaque enfant n’est pas nécessairement dans une salle de classe entourée quotidiennement de plusieurs élèves
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Julie Poulin, porte-parole du District scolaire francophone Nord-Ouest, affirme par écrit que le dossier de l’inclusion fait l’objet de discussions depuis un certain temps.
Ce n’est pas une nouveauté. C’est un enjeu complexe où il est question de répondre aux besoins d’une grande diversité de personnes, ayant des profils et des niveaux de soutien variés, tout en tenant compte de la capacité des ressources humaines disponibles.
Le District scolaire francophone Nord-Est a répondu par écrit que les éléments évoqués publiquement par la ministre s’inscrivent dans les orientations du Plan d’action 2026-2029 du Ministère, qui prévoit notamment l’actualisation de la politique 322, au cœur du modèle d’inclusion
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Le ministère de l’Éducation n’a pas accordé d’entrevue sur le sujet.
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