La Société d’habitation du N.-B. a offert un financement de près de 800 000$ à deux organismes, afin de permettre à des itinérants de faire un premier pas hors de la rue.
L’ancien Go Motel, situé sur la rue Main, à Moncton, en face du lac Jones, va demeurer un lieu de passage… mais sa clientèle va radicalement changer.
En effet, ce bâtiment de deux étages est en train d’être converti en lieu d’hébergement transitoire. Quelques chambres sont déjà occupées, en attendant que les autres se remplissent dans les prochains jours, quand les électriciens présents sur le site mardi matin auront fini leur travail.
«Ce sont 14 unités pour des gens qui arrivent directement d’une tente ou d’un refuge», assure le ministre responsable de la Société d’habitation du Nouveau-Brunswick, David Hickey.
Moncton est la ville la plus durement touchée par l’itinérance au N.-B., rappelle-t-il. Le mois dernier, «519 sans-abris chroniques» y ont été recensés, selon lui.
L’ancien motel compte douze chambres équipées d’un micro-ondes, d’un réfrigérateur et d’une petite plaque à induction.
Deux autres chambres se trouveront dans l’habitation située en face, qui inclura aussi le bureau du personnel, une cuisine et une buanderie.
Des employés de la clinique Salvus se trouveront sur place en permanence. En effet, le projet est issu d’une collaboration entre cet organisme, qui fournit des soins de santé aux itinérants, et Centraide.
Ce sont ces deux organisations qui sélectionneront les résidents, en utilisant leur liste nominative, d’après la PDG de Centraide de la région du Grand Moncton et du Sud-Est du N.-B., Debbie McInnis.
Cette dernière entend embellir le site en y plaçant des bacs de jardinage et des bancs. Elle veut aussi organiser des activités pour ceux qui y vivront.
«C’est agréable pour les gens d’avoir une communauté, un lieu où ils peuvent se retrouver», pense-t-elle.
Chaque personne suivra son propre rythme et pourra rester tout le temps qui lui est nécessaire, avant de migrer vers un logement plus pérenne, promet le ministre Hickey.
Mais il faudra quand même qu’il y ait un certain roulement, puisque le gouvernement s’est engagé à réduire de 40% le nombre de personnes en situation d’itinérance chronique d’ici 2029.
La conversion du Go Motel en logement transitoire a nécessité un investissement de plus de 770 000$ de la Société d’habitation du N.-B.
Épidémie de surdoses: le ministre McKee réagit
On comprend mieux la nécessité de ce genre de logements transitoires quand on sait que pendant ce temps, les drogues font des ravages dans les rues du Grand Moncton.
Lundi, CBC rapportait que la fin de semaine a été très agitée: Ambulance NB a reçu 65 appels en 72 heures pour des surdoses soupçonnées, un nombre anormalement élevé.
Une livraison de fentanyl coupé avec de la médétomidine, un tranquillisant utilisé par les vétérinaires, pourrait être à l’origine de ce pic de surdoses.
Présent pour l’inauguration des 14 chambres dans un ancien motel mardi, le ministre responsable des Services de santé mentale et de traitement des dépendances, Rob McKee, a livré quelques commentaires à ce sujet.
«Nous travaillons avec nos partenaires communautaires pour mieux comprendre la situation, et pour évaluer ce que nous pouvons faire pour l’améliorer», a-t-il déclaré, évoquant notamment le besoin de garantir la disponibilité des trousses de naloxone.
«Nous encourageons ceux qui consomment des drogues à le faire avec d’autres personnes, ou au centre de prévention des surdoses. Ils peuvent même utiliser les services d’analyse de drogues mis à leur disposition.»
Rob McKee a par ailleurs exprimé le souhait que «les criminels qui amènent ces drogues dans nos rues soient mis derrière les barreaux, là où est leur place».
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