Littératie: le vérificateur général pointe un manque de suivi du gouvernement 

Le vérificateur général, Paul Martin, a remis un rapport sur la littératie, mardi. Il a critiqué la rigueur avec laquelle le ministère de l’Éducation s’efforce d’améliorer cette compétence fondamentale chez les élèves.

Combien d’élèves du secondaire pourront comprendre cet article?

Le Nouveau-Brunswick a obtenu les résultats les plus faibles en lecture au Canada lors d’une évaluation (le PISA) réalisée en 2022 auprès de jeunes de 15 ans, selon le Vérificateur général de la province (VG).

C’est l’une des raisons qui l’ont motivé à auditer le ministère de l’Éducation et du Développement de la petite enfance (MEDPE) concernant la littératie sur une période allant de 2022 à 2025. Ses recherches ont confirmé ses craintes.

Paul Martin a constaté que le gouvernement a échoué à atteindre les taux de réussite visés en lecture et en écriture. Et ce pendant toute la période étudiée.

Le fonctionnaire de l’Assemblée législative a pu faire ces observations quand les évaluations existaient. Il a remarqué que le gouvernement a annulé les examens de lecture en 4e année et en 11e année.

Le MEDPE a introduit un nouveau test pour les écoliers de 10e année. Il a cependant omis de cibler un taux de réussite, selon le VG.

Un fait demeure: 14% des élèves francophones ont obtenu leur diplôme du secondaire sans avoir acquis les compétences requises en littératie en 2025, selon M. Martin.

Problèmes sans solutions 

Il reconnaît que le MEDPE a identifié des lacunes. Il déplore cependant que les fonctionnaires n’aient pris aucune mesure.

Ces problèmes concernaient les résultats en lecture et en écriture des élèves francophones de septième année en 2024-2025. Les écarts entre les taux de réussite et les cibles ont été respectivement de 16% et de 29%, selon M. Martin.

Il a d’ailleurs pointé l’absence d’un seuil pour déterminer quand intervenir au niveau d’un district et d’une école.

Le VG a aussi signalé l’incapacité du secteur francophone à lui fournir les données pour déterminer si les élèves en difficulté bénéficient d’interventions.

Il a en tout cas vu un manque d’enseignants d’appui à l’apprentissage. Il a indiqué qu’il y en avait un pour 140 élèves dans le secteur francophone. Les experts du MEDPE recommandent un ratio d’un pour 120, selon lui.

Programmes non évalués 

M. Martin a par ailleurs souligné que même si quatre initiatives existent pour améliorer la littératie dans le secteur francophone, les responsables d’un seul de ces programmes évaluent leur efficacité grâce à des indicateurs de rendement.

Le MEDPE a accepté toutes les recommandations du VG. La ministre responsable, Claire Johnson, a assuré que le plan déposé lundi permettra à ses équipes de s’attaquer aux problèmes identifiés.

«Nous partageons les inquiétudes de M. Martin, a-t-elle dit en mêlée de presse. C’est pourquoi nous nous concentrons à nouveau sur les compétences fondamentales comme la littératie.»

Le chef de l’Opposition officielle, Glen Savoie, s’est montré défiant.

«Je ne crois pas que ce gouvernement, qui a licencié des bibliothécaires scolaires et abaissé les objectifs en éducation, aidera les élèves, a-t-il déclaré. J’ai lu beaucoup de jargon et de phrases sans queue ni tête dans sa stratégie.»

La députée du Parti vert, Megan Mitton, s’est inquiétée de la volonté du MEDPE d’intégrer le numérique et l’intelligence artificielle dans les programmes.

«Comment apprendre? Ce n’est pas nécessairement sur un écran», a-t-elle dit.

Le VG a dit qu’il allait prendre le temps d’analyser le plan du MEDPE et qu’il envisageait de faire un suivi de son audit.

«L’une des premières choses que nous avons remarquées est qu’ils ont réduit les cibles en littératie», a toutefois dit M. Martin.

  • Avec des informations du journaliste Alexandre Boudreau

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