Nicolas Sarkozy : qui est Dominique Desseigne, l’homme qui lui avait offert une fête au Fouquet’s, pour sa victoire en 2007 ?
Le 6 mai 2007, une page de l’histoire politique française s’écrit avec l’élection de Nicolas Sarkozy à la tête de la République.
Arrivé en tête dès le premier tour avec 31,2 % des suffrages, devant Ségolène Royal, il confirme sa victoire au second tour avec 53,06 % des voix.
Mais ce soir-là, au-delà de la liesse populaire, une image marquera durablement les esprits : celle d’un dîner fastueux au Fouquet’s, organisé par un homme discret mais influent, Dominique Desseigne.
Une soirée au Fouquet’s devenue symbole
Le soir de son élection, Nicolas Sarkozy choisit de célébrer sa victoire dans le célèbre restaurant des Champs-Élysées. Autour de lui, un parterre de personnalités politiques, de chefs d’entreprise et de célébrités, réunis dans un cadre luxueux. Cette réception, initiée par Cécilia Sarkozy et offerte par Dominique Desseigne, fera rapidement polémique.
Pour ses détracteurs, cette soirée incarne une dérive vers un style jugé trop « bling-bling ». « Cette réception fastueuse […] écorne son image dans l’opinion », diront certains observateurs. Associée quelques jours plus tard à un séjour sur le yacht de Vincent Bolloré, elle alimente l’idée d’un président trop proche des milieux d’affaires. Une perception qui pèsera sur le début du quinquennat.
Dominique Desseigne, héritier et patron du groupe Barrière
Derrière cette soirée controversée se cache une figure majeure du capitalisme français : Dominique Desseigne. Né en 1944, cet ancien notaire est devenu l’un des grands noms de l’hôtellerie de luxe, des casinos et de la restauration en France.
À la tête du groupe Barrière, qu’il dirige pendant plusieurs décennies, il transforme l’entreprise familiale en un empire reconnu. Après l’accident de son épouse Diane Barrière en 1995, puis son décès en 2001, il prend seul les rênes du groupe et impose une stratégie de modernisation et de développement. « Il revendiquait volontiers ne pas avoir de problèmes de management », souligne son entourage.
Propriétaire du Fouquet’s, symbole du luxe parisien, Dominique Desseigne incarne ce lien étroit entre pouvoir économique et pouvoir politique. Sa proximité avec Nicolas Sarkozy s’inscrit dans un réseau d’influence où se croisent affaires et politique.
Si Dominique Desseigne est un acteur incontournable du monde des affaires, sa vie privée a également fait les gros titres. Son nom est notamment associé à une affaire judiciaire très médiatisée avec Rachida Dati, autour de la paternité de sa fille. En 2014, la justice le reconnaît comme père, malgré son refus de test ADN.
Cette exposition médiatique contraste avec l’image d’un homme réputé discret, souvent décrit comme flegmatique. « Je ne lâcherai rien », aurait-il confié à ses proches au plus fort de l’affaire. Une détermination qui reflète son parcours dans le monde des affaires, où il a su maintenir son influence malgré les crises.
Aujourd’hui, après avoir transmis le groupe Barrière à ses enfants, Dominique Desseigne reste une figure emblématique d’un certain capitalisme à la française, mêlant héritage familial, réseaux d’influence et présence dans les lieux les plus emblématiques du pouvoir.
Au final, la fameuse soirée du Fouquet’s dépasse le simple cadre festif. Elle cristallise une époque, un style présidentiel et un réseau d’acteurs où Dominique Desseigne occupe une place centrale. Une image restée gravée dans la mémoire collective, symbole d’un quinquennat qui n’a jamais cessé de diviser.
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