Le 28 avril, Dominique A expliquait qu’il boycottait désormais les enseignes Relay des gares, et ne se produirait plus dans les salles de concert appartenant à Vincent Bolloré. Une prise de position dans la lignée de son engagement politique et citoyen.
Encore une fois, le chanteur majuscule a frappé juste et fort : No More BolloRelay. Dans un post Instagram publié mardi 28 avril, Dominique A a ainsi annoncé boycotter les enseignes Relay des gares – lui qui est pourtant un fervent lecteur de la presse, de littérature et de bandes dessinées – et de ne plus se produire dorénavant à l’Olympia ni au Casino de Paris, deux salles parisiennes appartenant à Vincent Bolloré, qualifié à raison de “milliardaire d’extrême droite qui met tout en œuvre pour que le Rassemblement national accès au pouvoir, de manière de plus en plus volontariste”. Sur les ondes de France Inter, le Nantais d’adoption justifiait largement son boycott : “Ce n’est pas une leçon de morale, ce n’est pas une injonction, c’est vraiment un positionnement personnel. Pour moi, le danger immédiat et réel par rapport à la démocratie, c’est l’extrême droite. Bien sûr, ça découle de ce qui s’est passé chez Grasset, moi ce qui m’a rendu fou, c’était cette tribune de monsieur Bolloré (dans le JDD, ndlr), où il prétend que c’est une caste qui se coopte de gens privilégiés, c’est toujours la même image d’Épinal, des artistes privilégiés. Il est bon de rétablir certaines vérités et d’arrêter de présenter les artistes aussi comme des parasites qui se nourriraient sur le dos de la société”.
Éviter le pire
Comptant parmi les premiers signataires de notre tribune Pour un front culturel anti-RN et jamais avare de prendre la parole et position quand l’actualité l’impose, Dominique A s’était déjà publiquement opposé, à l’automne 2024, contre les drastiques coupes budgétaires des subventions à la culture prévues par la présidente du parti Horizons du conseil régional des Pays de la Loire, Christelle Morançais. “Au-delà des Pays de la Loire, c’est une certaine conception de la vie culturelle d’un point de vue moral, éthique et sociétal qui interpelle. Un territoire sans culture est un territoire mortifère”, interpellait-il alors dans nos colonnes. On se souvient aussi que Dominique A n’avait pas hésité à s’en prendre en filigrane au président Nicolas Sarkozy, un ami historique de… Vincent Bolloré, dans sa chanson Le Bruit blanc de l’été en 2009 : “Mais il y a tant de bruit ici on entend plus que lui”.
Il y a trente ans déjà, des artistes comme Miossec ou Les Thugs étaient montés au front contre le Front national, qui dirigeait quelques villes de la région PACA (Marignane, Orange, Toulon, Vitrolles). À douze mois de l’élection présidentielle la plus cruciale de la Ve République, il faudra notamment compter sur la mobilisation de la sphère culturelle pour éviter le pire. Et Dominique A sera toujours là pour (re)mettre les points sur les i.
Édito initialement paru dans la newsletter Musiques du 8 mai 2026. Pour vous abonner gratuitement aux newsletters des Inrocks, c’est ici !
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