« On mange le poisson qui vit dans l’eau ! » : quand les interdictions de baignade et alertes sanitaires ne dissuadent pas les usagers
En ces temps de grandes vacances scolaires, où les sites de baignade sont prisés des Guadeloupéens, des vacanciers et des touristes, les interdictions d’aller dans l’eau sont-elles respectées ?
Souvenez-vous : le 12 juillet dernier, le préfet de la Guadeloupe a demandé à trois maires de Guadeloupe de prendre des arrêtés interdisant temporairement la baignade sur trois sites : la Cascade aux Écrevisses à Petit-Bourg, la rivière Ferry à Deshaies et la plage de la Caravelle à Sainte-Anne. Des analyses de l’Agence régionale de santé (ARS) y ont révélé une contamination bactériologique des eaux.
Pourtant, ce samedi 18 juillet, cette mesure, prise pour préserver la santé des usagers, n’a pas dissuadé certains de profiter de la mer, à Sainte-Anne, où nous nous sommes rendus.
« On m’en a parlé, oui, en effet. Mais pourquoi on mange le poisson qui vit dans l’eau où il y a une interdiction de baignade ? Il n’y a pas comme un problème dans l’énoncé ? J’irai me baigner, oui (…). Il y a des matières fécales partout ! L’eau ne reste pas stagner là, ce n’est pas un lac, hein ! L’eau, c’est l’eau, elle part, elle vient… »
Anne-Lise, résidente de Guadeloupe
Des enfants étaient notamment dans l’eau, de même que des clients du complexe hôtelier voisin, qui a transmis l’information.
« On va se mouiller jusqu’aux genoux, histoire de rentrer dans l’eau. Mais on nous l’a dit quand on est arrivés sur les lieux, puis j’ai regardé sur internet à quoi ça correspondait. On va faire un peu de piscine et on va aller ailleurs. »
Olivier, touriste
La fréquentation y était moindre qu’habituellement tout de même, au grand dam d’un commerçant de plage, en mal de clients.
« Il n’y a pas grand monde, hein. Les gens changent de plage. Donc on espère que ça va s’arrêter bientôt. »
Sébastien, vendeur de plage
Des sports nautiques sont toujours proposés, sur ce site : surf, kayak ; jet-ski, planche à voile, etc. L’interdiction n’est mentionnée que pour la baignade, sur l’arrêté municipal.
D’ailleurs, l’affichage du document signé de la main du maire Francs Baptiste peut sembler discret, bien que le panneau soit planté au beau milieu du passage d’accès à la plage de la Caravelle. D’aucuns ont pu passer sans le voir.
Le fin mot revient à Marianne Grandisson, conseillère municipale à la ville de Sainte-Anne, déléguée au développement durable et vice-présidente de la Communauté d’agglomération la Riviera du Levant : au regard du risque, nul ne devrait aller dans l’eau, que ce soit pour un bain, pour patauger, ni même pour s’adonner à une activité nautique.
« La baignade est interdite momentanément. Il s’agit d’une interdiction bactériologique, donc il vaudrait mieux éviter toute fréquentation de la plage. D’autres analyses sont en cours et l’interdiction ne sera levée que lorsque le taux d’Escherichia coli reviendra à la normale. »
Marianne Grandisson, conseillère municipale à la ville de Sainte-Anne, déléguée au développement durable et vice-présidente de la CARL
Les amoureux des sites concernés doivent donc se tenir informés, pour ne se rendre sur place, que lorsque le risque de contamination aux matières fécales sera écarté.
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