Après la Mauritanie, le Sénégal, l’Algérie prépare son implantation bancaire au Niger.
Le directeur général de l’ABS bank (une banque à 100% de capitaux algériens installée au Sénégal depuis septembre 2023), Abdelhafid Haned, annonce, en effet, ce dimanche à Alger, que l’Algérie a déposé, il y a une dizaine de jours, le dossier de demande d’agrément pour s’implanter au Niger au niveau des autorités monétaires concernés pour l’ouverture d’une succursale.
L’initiative va se « concrétiser très rapidement’
Abdelhafid Haned fait cette annonce lors de la deuxième journée de la 12e édition du forum africain des investissements et du commerce, organisé à l’initiative du centre arabo-africain pour l’investissement et le développement (CAAID), et ce lors d’un panel consacré à l’accompagnement bancaire et aux risques financiers. Selon lui, ce projet va bon train, précisant cette initiative va se « concrétiser très rapidement ».
Plus précis, Haned soulignera que d’ici la fin de l’année, au plus tard début de l’année 2027, la succursale sera opérationnelle au Niger. Il indique que cette nouvelle implantation s’impose à plusieurs égards, notamment au regard de la dynamique que connaissent aujourd’hui les relations économiques et commerciales bilatérales renforcées notamment par la conclusion de certains nombres de contrats très importants signés avec Sonatrach, Sonelgaz et Algérie Telecom.
Un bilan « très positif » pour l’ABS au Sénégal
Tout en rappelant que « ce projet s’inscrit dans le cadre des nouvelles orientations des autorités publiques algériennes visant une présence très marquée en Afrique », Haned met en avant les opportunités qui pourraient transformer la présence algérienne en levier concret pour les échanges régionaux permettant à notre pays de se positionner comme un « point de connexion » et un Hub financier incontournable en Afrique.
À la question de savoir quel bilan a été réalisé par l’ABS au Sénégal, il informe, lors d’une déclaration à la presse, que celui-ci est « très positif », rappelant que la banque est arrivée à être opérationnelle de tous points de vue. « Nous avons toute la panoplie de produits et services, digital, commerce international, financement, accompagnement et conseil », ajoute-t-il, avant d’enchainer que la banque ABS assure aujourd’hui pleinement son rôle dans le cadre de l’accompagnement des opérateurs économiques algériens.
Accompagnement des opérateurs économiques
« Nous intervenons avec toutes les solutions bancaires possibles d’accompagnement pour que les opérateurs économiques puissent se développer de la manière la plus sécurisée avec des solutions les plus adaptées en Afrique », précise Haned. De son côté, Diallo Aboubekrine, le directeur exécutif d’Algérien Union Bank (AUB) qui regroupe le CPA comme chef de file, la BNA, la BEA et la BADR, met en avant le rôle des institutions bancaires dans le développement des échanges interafricains.
Diallo Aboubekrine souligne que l’Algérie et la Mauritanie entretiennent des relations commerciales qui se densifient de plus en plus, précisant que les échanges commerciaux ont dépassé les 500 millions de dollars durant les cinq premiers mois de l’année en cours. « Cette progression est remarquable, car il y a 2-3 ans, ils n’étaient qu’à 50 millions, soit 10 fois moins », fait-il observer. Dans ce sillage, il fait savoir qu’AUB a lancé l’activité de crédit fin 2025 et s’inscrit pleinement dans l’optique de fluidifier les échanges commerciaux entre l’Algérie et la Mauritanie.
La mise en place d’une monnaie africaine évoquée
Par ailleurs, ce panel met en exergue le besoin pressent de mettre en place une plateforme financière digitalisée au profit des opérateurs africains dans l’optique de renforcer l’accès aux financements et tirer vers le haut le taux de bancarisation, qui d’après eux, demeure timide, essentiellement faute de contraintes réglementaires.
L’idée de mettre en place une monnaie africaine a été évoquée lors des discussions. Les panélistes soutiennent que les pays africains subissent d’importantes pertes financières liées à la conversion du dollar en monnaies locales. Comme recommandation phare, les panélistes soulignent l’impératif de soutenir les PME qui constituent le moteur de développement dans le continent.
Wassila Ould Hamouda
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