Depuis le lundi 1er juin, la Martinique et la Guadeloupe accueillent une délégation composée d’une vingtaine de représentants de neuf États et territoires de la Caraïbe confrontés, eux aussi, à l’invasion des sargasses.
Cette visite s’inscrit dans le cadre du projet SARSEA, un programme de coopération régionale visant à partager les expériences et les solutions développées dans les territoires les plus touchés.
Au large du François, les participants ont pu découvrir plusieurs dispositifs déployés en Martinique pour limiter l’impact des échouements. Au programme : démonstration de ramassage en mer, présentation des barrages fixes et déviants destinés à empêcher les algues brunes d’atteindre les côtes ainsi que les zones à forte biodiversité.
Une expertise née de plusieurs années de lutte
Parmi les acteurs mobilisés, Stéphane Bero, marin-pêcheur et concepteur de barrages flottants, travaille depuis 2017 à l’élaboration de solutions adaptées au contexte martiniquais.
« C’est un fléau nouveau et il faut que l’on ait de l’expérience. Notre expérience de marin professionnel nous permet de mieux comprendre la sargasse, à défaut de pouvoir la combattre. »
Stéphane Bero, marin-pêcheur
Son ambition est désormais de voir ces équipements se développer sur d’autres secteurs du territoire et dans les îles voisines confrontées aux mêmes difficultés.
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La Barbade et les îles voisines à la recherche de solutions
Pour les membres de la délégation, les dispositifs observés en Martinique constituent une source d’inspiration concrète.
À la Barbade, les échouements touchent principalement la côte atlantique. Selon Suzanna Aguero, membre de la délégation de l’Union européenne à la Barbade, les protections actuellement observées en Martinique pourraient ouvrir de nouvelles perspectives.
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Elle rappelle que la Grenade figure parmi les territoires les plus affectés, avec des conséquences importantes sur la pêche, la sécurité alimentaire et le tourisme.
Transformer les sargasses en ressource
Au-delà de la collecte, les partenaires du projet explorent également des pistes de valorisation économique des sargasses.
Plusieurs solutions sont actuellement à l’étude : production de biofertilisants, de biogaz, de carburants ou encore d’électricité à partir d’un mélange de sargasses et de déchets organiques issus de l’hôtellerie et de la restauration.
« Tout cela coûte très cher. Si l’on parvient à valoriser les sargasses, cela pourrait contribuer au financement des opérations tout en créant de nouveaux emplois, notamment pour les marins-pêcheurs. »
Suzanna Aguero, membre de la délégation de l’Union européenne à la Barbade
Des discussions sont déjà engagées avec une entreprise européenne qui prévoit de s’implanter à la Barbade pour développer ce type de projets.
Équiper les îles les plus touchées
Doté d’une enveloppe de 10 millions d’euros, le projet SARSEA ambitionne désormais d’accompagner concrètement les territoires les plus exposés.
« Nous espérons pouvoir équiper les îles voisines des matériels et des barrages dont elles ont besoin pour bloquer les sargasses, mais aussi encourager la création de sites de stockage et soutenir les recherches scientifiques. »
Anne-Laure François, cheffe de projet SARSEA
D’ici un an, plusieurs barrages pourraient ainsi être installés dans les cinq territoires caribéens les plus affectés par les échouements, marquant une nouvelle étape dans la lutte régionale contre ce phénomène environnemental devenu un enjeu majeur pour l’ensemble de la Caraïbe.
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