Une tentative d’infanticide devant la cour d’assises

L’affaire avait secoué le quartier de Dillon, il y a trois ans. Sabine Béraud, 34 ans, comparait pour tentative de meurtre sur mineures et majeures ce mardi (2 juin), devant la cour d’assises de la Martinique. Le 29 novembre 2022, cette mère de famille avait notamment blessé à coups de couteaux ses trois enfants, âgés d’un mois et demi et 2 ans. 

Ce matin-là, les secours sont intervenus vers 6 heures, dans un immeuble de l’avenue Salvador Allende de Dillon. Trois enfants, et deux voisines ont été retrouvés blessés à l’arme blanche. Dans un premier temps, Sabine Béraud a désigné son compagnon comme étant l’auteur des faits, au moment où elle confie l’un des enfants à l’une de ses voisines.

Toutefois, très rapidement, les témoignages ont orienté les enquêteurs vers cette mère de 5 enfants. C’est bien elle qui a poignardé ses jumelles, âgées de deux ans, son fils de cinq semaines, ainsi que ses deux voisines. Elle aurait même confié l’arme du crime à l’une de ces dernières.

Les victimes présentaient des plaies au niveau du cou, du thorax ou encore du dos. Après leur prise en charge à l’hôpital, les enfants ont été placés par les services sociaux, comme l’étaient déjà les deux aînés de la fratrie. 

Un parcours personnel difficile 

L’instruction a retracé le parcours personnel difficile de cette mère de famille. Plusieurs témoins décrivent une femme en difficulté depuis plusieurs années, suivie à différentes périodes par des psychiatres et les services sociaux.

Les investigations évoquent également un contexte familial complexe, marqué par des séparations difficiles et des conflits avec certains proches.

Néanmoins, plusieurs professionnels décrivent une mère investie auprès de ses enfants, tandis que d’autres souligne un état psychologique préoccupant dans les mois ayant précédé les faits.

Deux expertises psychiatriques ont été réalisées au cours de l’instruction. Les professionnels ont souligné l’existence de troubles psychiques et d’une personnalité fragilisée, mais estiment que le discernement de Sabine Beraud n’était pas aboli au moment des faits. Un élément déterminant dans la décision de renvoi devant la cour d’assises.

Le procès est prévu sur trois jours.

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