Repenser son mode de vie avec la permaculture

Sylvain Eymard et Marjolaine Bert sont tous deux coordinateurs du projet intitulé A(l)titude, programme de formation à la permaculture et aux « low-tech » soutenu par l’Union européenne. La semaine passée, ils ont proposé une visite du domicile de Sylvain pour donner un aperçu de ce à quoi ressemble un mode de vie inspiré par la permaculture et fondé sur l’usage des « low-tech ».

Parmi ses différentes réalisations, Sylvain a notamment conçu un « rocket-stove » : un poêle qui, avec une faible combustion de bois, stocke et diffuse la chaleur progressivement, permettant de chauffer la maison durant toute une journée à partir d’une seule flambée. Cette invention s’inscrit dans un habitat pensé selon les principes de la permaculture. « En France, la permaculture est parfois connue comme une forme de jardinage un peu cool et écologique, mais c’est beaucoup plus large, explique Sylvain. L’idée c’est de repenser sa vie de manière à ce qu’elle soit sobre, soutenable, en réfléchissant aux choix que l’on fait pour avoir le moins d’impact possible. »

Des usages pensés

pour le contexte local

En parallèle du volet permaculture, ce programme A(l)ltitude propose des ateliers low-tech, organisés par Marjolaine Bert, fondatrice de l’association EKO!. Les « low-tech » désignent des technologies à faible impact environnemental, qui privilégient le réemploi, la réparation et le recyclage des matériaux plutôt que leur consommation et leur mise au rebut. Souvent perçues comme difficiles d’accès, elles peuvent en réalité prendre la forme d’objets simples à fabriquer soi-même. Pour en attester, Marjolaine déballe un sac-banane fabriqué à partir d’une bouée percée, une batterie externe créée avec une batterie d’ordinateur, une mousse isolante conçue à partir de gilets de sauvetage ou encore un découpe-bouteille permettant de produire du fil plastique à partir de bouteilles vides. Autant de technologies peu coûteuses, réalisées lors d’ateliers menés notamment avec des personnes réfugiées.

« Il n’y a pas une formule universelle, il s’agit de s’adapter au contexte, précise Marjolaine. Par exemple, quels sont les besoins du Briançonnais ? Il y a de gros besoins en chauffage. Maintenant, quelles sont les ressources locales ? Il y a de forts apports solaires. Alors pour faire se rencontrer les deux, on peut utiliser des chauffe-air solaires, cela permet de réduire l’usage du chauffage classique tout en profitant de l’énergie du soleil. »

Il ne faut cependant pas considérer les « low-tech » et la permaculture comme un changement drastique de mode de vie, récusant toute technologie moderne. « Ces méthodes ne vont pas remplacer tout un autre système, mais venir en complémentarité, précise Marjolaine Bert. Un poêle à bois, on peut cuisiner dessus, mais en été, lorsqu’on ne chauffe pas, on peut avoir un four solaire. » Elle rappelle aussi que ces méthodes ne s’appliquent pas qu’aux personnes disposant d’une maison avec jardin : « Il y a plein de dispositifs de permaculture que l’on peut réaliser en vivant dans un studio en centre-ville, comme un four solaire sur son balcon, un compostage urbain… »

Pour se former à ces deux approches complémentaires, les deux associations proposent un cycle de formation à Briançon, du 20 juin au 4 juillet, en présence de plusieurs intervenants formateurs en permaculture.

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