Rêve et prudence : deux visions qui opposent les candidats à la mairie de Caraquet

Le sort qui sera réservé à trois infrastructures situées sur le territoire de Caraquet pourrait dépendre de qui sera élu à la tête de la municipalité à la suite de l’élection de lundi.

Le vieux Colisée Léopold-Foulem sera démoli ou transformé, le presbytère, acheté par la municipalité, pourrait être rénové et une ancienne usine, aussi acquise par la ville, sera peut-être rasée.

Qu’est-ce que la municipalité devrait faire de ces sites? Les avis des deux candidats qui briguent la mairie de Caraquet, le maire sortant Bernard Thériault et Gilles Lanteigne, divergent.

Un maire expansionniste

Le maire sortant, Bernard Thériault, a piloté plusieurs transactions au cours des dernières années et il n’en est pas désolé.

Je suis un maire expansionniste, lance-t-il. Je crois que la ville ne doit pas se contenter de ramasser vos poubelles, d’ouvrir vos chemins et de vous construire des trottoirs.

Le Colisée Léopold-Foulem, à Caraquet, sera-t-il démoli?

Photo : Radio-Canada / René Landry

En l’espace de quelques semaines, en février et mars, la Ville a annoncé qu’elle achetait un presbytère et une usine de transformation de poisson désaffectée.

Il faut rêver avec les gens de Caraquet d’une ville meilleure où on prend le contrôle de nos destinées.

Bernard Thériault imagine déjà un presbytère rénové et un parc à la place de la vieille usine Carapro.

une ancienne usine-Caraquet

Des résidents de Caraquet expriment depuis longtemps à quel point ils trouvent que l’ancienne usine Carapro enlaidit le secteur.

Photo : Radio-Canada / Rachel Gauvin

Dans mon rêve d’une belle ville, le presbytère va rester là, dit-il. Et dans mon rêve d’une belle ville, la Carapro ne deviendra pas le moulin de Bathurst, qui a traîné pendant 30 ou 40 ans.

Du rêve à la réalité

L’opposant de Bernard Thériault dans la course à la mairie, Gilles Lanteigne, est un financier qui vient de compléter sa carrière dans ce domaine chez UNI.

Je ne dis pas qu’il ne faut pas rêver, mais il faut être réaliste.

Il préconise la prudence.

Avec les acquisitions qu’ils font sans analyse, sans rapport, sans plan, qu’est-ce que ça veut dire pour les gens en 2027-2028?, se demande-t-il.

Gilles Lanteigne devant la mer.

Même si Gilles Lanteigne, candidat à la mairie de Caraquet, a déjà gravi le mont Everest, il craint que la municipalité se retrouve devant une montagne de dettes.

Photo : Radio-Canada / René Landry

Il craint notamment que les coûts de démolition de l’ancienne usine Carapro et la décontamination du site soient énormes. Il se questionne aussi sur les coûts de rénovation et de décontamination du presbytère, où on trouve de l’amiante.

Un cochon dans un sac?

Il y a un terme que ma mère me disait tout le temps, se rappelle Gilles Lanteigne. C’était acheter un cochon dans un sac. Oui, on va avoir un beau sac. Mais qu’est-ce qu’il y a dans le sac? Est-ce qu’il va nous mordre?

Radio-Canada a demandé à la municipalité de Caraquet de fournir des documents ou rapports sur les coûts que pourraient engendrer les éventuels chantiers de l’ancienne usine Carapro, du presbytère et du vieux Colisée Léopold-Foulem.

La Ville de Caraquet n’a fourni aucun document.

Dans un courriel, le maire sortant, Bernard Thériault, mentionne que le coût de la démolition de l’ancien aréna, estimé à 400 000 $, a été déterminé sans évaluation indépendante, mais par la municipalité, selon l’expérience.

Caraquet estime que la seule décontamination du presbytère, qui contient de l’amiante, coûterait 100 000 $.

Le presbytère de Caraquet.

Le presbytère de Caraquet doit être décontaminé puisqu’il contient de l’amiante. Le toit, notamment, est aussi à refaire.

Photo : Radio-Canada / René Landry

Car c’est cela qu’il en a coûté pour décontaminer la vieille école de Sainte-Anne [du Bocage], explique Bernard Thériault.

Les dirigeants de la Ville de Caraquet ont déjà fait savoir que la démolition de la vieille usine Carapro et la décontamination des lieux pourraient coûter environ un demi-million de dollars.

Des projets qui font jaser

L’avenir de l’ancienne usine Carapro, du vieux Colisée Léopold-Foulem et du presbytère alimente les conversations. À un point tel que cela semble faire partie des enjeux de cette élection municipale.

Raymond Chiasson, qui réside à Caraquet depuis peu, verrait bien la transformation du vieil aréna en entrepôt.

Mais la Carapro, ça va coûter cher, ça, ajoute-t-il. Ils vont devoir mettre beaucoup d’argent là-dessus.

Raymond Chiasson.

Raymond Chiasson souhaite que les élus ne fassent pas démolir le vieux Colisée Léopold-Foulem.

Photo : Radio-Canada / René Landry

Hédard Doiron estime pour sa part que c’est une bonne idée que la municipalité sauve le presbytère.

Hédard Doiron.

Hédard Doiron se questionne sur la disponibilité des fonds pour les projets qui sont envisagés.

Photo : Radio-Canada / René Landry

Je suis d’accord qu’ils l’achètent au lieu de le démolir. C’est bon. Mais est-ce qu’ils vont vraiment trouver de l’argent?

Jacques Morais, de son côté, pense que la municipalité ne fait pas la bonne chose en achetant le presbytère.

Jacques Morais.

Jacques Morais suit de près les activités du conseil municipal de Caraquet. Il pense que les élus n’auraient pas dû permettre l’achat du presbytère par la ville.

Photo : Radio-Canada / René Landry

Les contribuables ne devraient pas placer d’argent dedans, dit-il. Les municipalités ne devraient pas embarquer dans les monuments religieux.

Les deux candidats veulent rassurer les électeurs

Malgré les défis au plan financier, le maire sortant se montre rassurant et demande à la population de lui faire confiance.

On ne mettra pas un sou sur la Carapro tant et aussi longtemps qu’on n’a pas un engagement de subvention d’au moins 80 %, assure-t-il.

À lire et à regarder :

Pour Bernard Thériault, le manque de fonds ne semble pas représenter un gros défi.

J’ai des carnets d’adresses, j’ai des numéros de téléphone qui font qu’on a accès à des subventions, révèle-t-il.

Gilles Lanteigne, le financier de carrière, a une tout autre approche.

Une gestion efficace et prudente, répète-t-il. C’est ce genre de gestion que je veux apporter à la ville.

En somme, les électeurs de Caraquet devront donc choisir entre le rêve et la prudence lorsqu’ils voteront pour le prochain maire de la municipalité.

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