Le patrimoine guyanais franchit une nouvelle étape. Œuvres contemporaines, objets amérindiens, photographies et pièces liées à l’histoire du bagne sont désormais consultables sur écran, partout en France et au-delà, grâce à un même dispositif culturel.
De quoi parle-t-on ?
Micro-Folie est un réseau national de plateformes culturelles porté par La Villette et le ministère de la Culture. Son cœur : un musée numérique gratuit, qui permet de découvrir sur tablettes et écrans géants les collections de grandes institutions françaises. Près de 660 Micro-Folies sont aujourd’hui ouvertes en France hexagonale, en Outre-mer et à l’international.
Jusqu’ici, le dispositif s’organisait autour de collections régionales hexagonales. Avec la collection Guadeloupe-Martinique-Guyane, vingt-et-unième du réseau, les Outre-mer y font leur entrée pour la première fois. Les trois territoires antillo-guyanais ont été réunis dans un même ensemble, à la demande des collectivités elles-mêmes.
Une inauguration au Camp de la Transportation
Le lancement guyanais s’est tenu jeudi 7 mai au Camp de la Transportation, à Saint-Laurent-du-Maroni. Le site n’a pas été choisi au hasard. La Ville de Saint-Laurent et le Centre d’Interprétation de l’Architecture et du Patrimoine (CIAP) figurent parmi les partenaires de la collection, et une Micro-Folie est déjà installée sur place, en Case 1.
L’ancien bagne offre par ailleurs un cadre patrimonial fort, en cohérence avec l’un des axes de la collection : l’histoire et la mémoire. « Le défi était de trouver une cohérence entre des territoires qui, par certains aspects, se ressemblent et par d’autres ont une histoire propre à leur aire géographique », explique Roxane Gueguen, chef de projet Micro-Folie en charge des collections ultramarines à La Villette.
Ce que les visiteurs vont y trouver
La collection croise quatre grandes thématiques : les arts autochtones, la création contemporaine, la biodiversité, l’histoire et les mémoires de l’esclavage. Côté guyanais, le visiteur peut y découvrir des photographies de Karl Joseph, une série de Laure Chatrefou consacrée au carnaval et aux Touloulous, des urnes funéraires amérindiennes, des pagaies, ou encore un pagne bushinenge.
Une œuvre fait écho au lieu de l’inauguration : La Belle, peinture de bagne issue du fonds du CIAP, est intégrée à la collection numérique tout en restant visible en vrai sur le site. C’est précisément l’objectif du dispositif. « L’idée est de donner envie d’aller visiter, de passer les murs des institutions culturelles », résume Roxane Gueguen.
Une collection accessible à tous, gratuitement
Le musée numérique est gratuit et ouvert à tous les publics : scolaires, habitants, touristes, jeunes, adultes. Sur place, des médiateurs adaptent l’expérience selon les visiteurs. Des ateliers avec des artistes guyanais figurant dans la collection sont également envisagés.
L’enjeu est aussi celui de l’égalité d’accès au patrimoine. « Une personne qui habite en zone rurale ou dans un quartier prioritaire va pouvoir découvrir, sans prendre l’avion, la création et le patrimoine de la Guadeloupe, de la Martinique et de la Guyane », souligne la chef de projet.
Et après ?
La composition de la collection est désormais figée. Sa vitalité reposera sur les animations locales : partenariats, expositions, interventions d’artistes ou d’experts portées par les équipes des Micro-Folies. D’autres collections ultramarines sont en préparation. La Réunion et la Nouvelle-Calédonie devraient prochainement rejoindre le réseau.
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