
L’École Inter-États des Sciences et Médecine Vétérinaires (EISMV), en partenariat avec Afrique One et le Centre Suisse de Recherche Scientifique en Côte d’Ivoire, a organisé au Sénégal, une rencontre consacrée à l’approche « One Health » (Une seule santé), une stratégie qui vise à renforcer la prévention et la gestion des pandémies à travers une collaboration entre les secteurs de la santé humaine, animale et environnementale.
Prenant la parole, le ministre de la Santé et de l’Hygiène publique, Ibrahima Sy, a rappelé que le Sénégal a fait le choix stratégique de mettre l’accent sur la prévention et la promotion de la santé dans sa politique sanitaire nationale.
Selon lui, cette orientation impose un investissement accru dans la préparation et la réponse aux pandémies ainsi qu’aux maladies émergentes, dont une grande partie sont des maladies zoonotiques. Il a insisté sur l’importance des données scientifiques fiables, actualisées et accessibles à temps pour mieux intégrer les résultats de la recherche dans les politiques publiques et la planification sanitaire.
Le ministre a également plaidé pour un renforcement des capacités des acteurs de santé afin de transformer les résultats scientifiques en connaissances pratiques utilisables sur le terrain.
Revenant sur l’épidémie de la fièvre de la Vallée du Rift, Dr Sy a souligné que cette crise a démontré toute l’importance de l’approche « One Health ». Il a expliqué que la circulation du virus chez les animaux n’avait pas été détectée assez tôt, malgré l’existence de signaux d’alerte scientifiques. Ce retard a favorisé une propagation importante de la maladie avant l’apparition des premiers cas humains.
Face à cette situation, les autorités sénégalaises ont mis en place une stratégie multisectorielle de riposte impliquant vétérinaires, environnementalistes, services d’hygiène, équipes de surveillance épidémiologique, cliniciens et agents communautaires. Cette coordination a permis de faire chuter le taux de létalité de plus de 50 % à seulement 0,3 %.
Pour sa part, Bassirou Bonfoh a rappelé que la fièvre de la Vallée du Rift illustre parfaitement l’interconnexion entre l’environnement, l’animal et l’humain. Selon lui, il est impossible de contrôler durablement ce type de maladie sans une approche globale intégrant les enjeux climatiques, sanitaires et environnementaux.
Le Directeur d’Afrique One a insisté sur trois piliers essentiels de l’approche « One Health » : la prise en compte de la complexité des maladies émergentes, la collaboration entre plusieurs secteurs et la recherche d’une véritable valeur ajoutée à travers la coordination des actions.
Il a également alerté sur le coût élevé de l’inaction face aux pandémies, estimant qu’un investissement préventif reste largement moins coûteux que la gestion d’une crise sanitaire majeure.
Les organisateurs ont par ailleurs rappelé que le programme Afrique One-REACH (DELTAS Africa II) vise à former une nouvelle génération de chercheurs africains capables de mettre en œuvre l’approche « One Health », tout en favorisant l’intégration des sciences biomédicales, vétérinaires, environnementales et sociales dans les politiques publiques de santé.
Pour rappel, en septembre 2025, lors de la conférence internationale de la CEDEAO sur la fièvre de Lassa, une rencontre entre le ministre sénégalais de la Santé, le Directeur d’Afrique One et des responsables de la SFA Foundation avait déjà permis d’évoquer le renforcement de la plateforme sénégalaise « Une seule santé » afin de mieux préparer le pays à prévenir et gérer les pandémies futures.
Par Djiby DEM – Journaliste – www.laviesenegalaise.com
Crédit: Lien source