Sécheresse en Grande-Terre : après les incendies de canne à Port-Louis, l’inquiétude grandit chez agriculteurs
Quelques jours après l’incendie qui a ravagé plusieurs hectares de cannes à Port-Louis, les agriculteurs restent inquiets.
Avec le carême et la sécheresse qui touchent particulièrement le Nord Grande-Terre, les conditions sont propices aux départs de feu.
Des cultures vulnérables
La topographie et le climat de Port-Louis rendent les cultures de canne à sucre particulièrement vulnérables, comme l’explique l’agriculteur Rolland Pétilaire :
Avec le Carême, c’est vraiment pire, puisque le Nord Grande-Terre connaît des sécheresses pires que les autres endroits de la Guadeloupe, puisqu’on est vraiment plat en Nord Grande-Terre. Il ne pleut pas souvent chez nous, ce qui fait qu’on subit la sécheresse. Heureusement, on a un peu d’eau agricole pour le moment, parce que ça ne coule pas fort, mais ça vient quand même.
Pendant le carême, le risque d’incendie est plus élevé car la végétation se transforme en paille sèche et se trouve exposée aux vents de l’Alizé, ce qui permet à un départ de feu de se propager très rapidement.
La difficulté d’anticiper le danger
Lorsqu’un feu se déclare, les agriculteurs se retrouvent souvent démunis car les pompiers, devant prioriser la protection des habitations à proximité, ne peuvent pas intervenir partout.
Face à cette impuissance sur le terrain, anticiper le danger s’avère tout aussi complexe, comme le déplore le planteur :
Selon moi, on ne peut pas prévenir un feu puisqu’on est une petite île. Ce n’est pas comme en métropole, il y a des guetteurs pendant la chasse qui surveillent les départs de feu. Non. La récolte, c’est toujours comme ça. Il y a des départs de feu bizarres, à moins qu’on trouve une solution pour avoir des cités en réserve où les agriculteurs peuvent aussi aménager leur terrain en fonction de l’irrigation. Parce que moi, j’ai de l’eau autour de mon champ quand même. Je ne peux pas dire que s’il y a un départ, le feuille d’œuvre, il pourra l’éteindre. Quand ça brûle avec le vent, le temps sec, c’est pratiquement impossible.
En l’absence de signes annonciateurs, l’apparition d’une fumée à l’horizon indique que le feu se propage déjà dans les champs.
Face à ce constat, Rolland Pétilaire appelle à la mise en place de solutions durables pour protéger la filière canne.
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