Sénégal : À Paris le PRICE 2026 Expose la Nouvelle Vitrine Économique…

À Paris, les 29 et 30 avril 2026, le Forum sur la Promotion des Investissements et de la Compétitivité Économique (PRICE 2026) n’a pas seulement réuni diaspora et investisseurs : il a surtout servi de scène diplomatique à un Sénégal en quête de repositionnement économique.

Par Dounia Ben Mohamed


Sous l’impulsion de l’Ambassade du Sénégal en France, Baye Moctar DIOP,  le pays a mis en avant une nouvelle narration centrée sur les réformes structurelles, l’industrialisation et l’attractivité dans une logique de puissance régionale assumée.


Une Diplomatie Économique Proactive

Organisé à la mairie du 15ᵉ arrondissement de Paris, le Forum sur la Promotion des Investissements et de la Compétitivité Économique (PRICE 2026) a confirmé la mue du Sénégal vers une diplomatie économique ambitieuse.

Bakary Séga Bathily, Directeur général de l’APIX, a résumé cette dynamique en une phrase reprise par plusieurs participants : « Le Sénégal n’est plus une promesse, c’est une réalité en construction. »

Aux côtés d’Ahmadou Al Aminou Lo et de Baye Matar Diop, membres du gouvernement chargés du suivi de la Vision Sénégal 2050, la délégation institutionnelle a défendu l’image d’un pays stable, réformateur et résolument tourné vers la production locale.

L’événement a réuni un panel large d’acteurs : membres du gouvernement, grands investisseurs, institutions comme Bpifrance, Business France et Proparco, ainsi qu’une diaspora sénégalaise fortement mobilisée, reconnue comme levier stratégique de financement et de transfert de compétences.

« Le Sénégal n’est plus une promesse, c’est une réalité en construction »


Réformes et Attractivité : Les Piliers d’un Repositionnement

Depuis 2023, le Sénégal a engagé une révision de son Code des investissements et lancé plusieurs chantiers de modernisation économique, dont la digitalisation des procédures administratives et la réforme du cadre douanier.
Selon Bakary Séga Bathily, ces mesures visent à « rendre le Sénégal conforme aux standards internationaux ».

Les effets se font déjà sentir : d’après la Banque mondiale, le pays se classe 6ᵉ en Afrique de l’Ouest sur l’indice global de performance logistique et figure parmi les plus rapides en matière de digitalisation des services publics.

La croissance moyenne du PIB entre 2015 et 2023 a atteint 4,2 %, selon l’ANSD, et le gouvernement table désormais sur une accélération à 6‑7 % dès 2026, portée par l’exploitation des champs pétroliers et gaziers de Sangomar et Grande Tortue Ahmeyim.


L’industrialisation comme Cap Stratégique

L’entrée dans l’ère des hydrocarbures marque un tournant stratégique. Mais les autorités insistent sur un principe : ne pas répéter le « syndrome de l’économie de rente ».

Le forum a ainsi mis en lumière des projets concrets dont la Zone économique spéciale intégrée (ZES) de Diass, pensée comme hub industriel et logistique ; la création d’un centre technologique d’innovation pour accélérer le transfert de savoir-faire ; et l’investissement accru dans l’agro-industrie pour sécuriser les chaînes de valeur locales.

Selon le FMI, l’industrie manufacturière sénégalaise pourrait doubler sa contribution au PIB d’ici 2030, passant d’environ 15 % à 30 % si les réformes sont maintenues à ce rythme.

Les transferts financiers des Sénégalais de l’extérieur ont atteint 2,9 milliards de dollars en 2025, soit près de 10 % du PIB (Banque mondiale).

Mais Dakar souhaite canaliser ces flux vers des investissements productifs, grâce à de nouveaux instruments comme les “bons de la diaspora” ou les fonds de co‑investissement APIX-Diaspora. « Notre objectif n’est plus seulement de recevoir des transferts, mais de co‑financer la transformation nationale », a insisté Bakary Séga Bathily.

Le discours positif ne masque pas pour autant les contraintes : coûts énergétiques élevés, lenteurs administratives, accès complexe au foncier.

La Banque africaine de développement évalue à 30 % le surcoût moyen de l’énergie pour les industries locales par rapport à la moyenne régionale. Ces obstacles pourraient freiner la conversion des promesses d’investissement en réalisations effectives si les réformes tardent à se matérialiser.

« Notre objectif n’est plus seulement de recevoir des transferts, mais de co‑financer la transformation nationale »



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