Rien ne va plus dans le dossier de la privatisation des services vétérinaires provinciaux. L’Alliance agricole du Nouveau-Brunswick a mis fin au dialogue avec Fredericton, ne se sentant pas écoutée. Cette grogne s’est aussi fait sentir à l’Assemblée législative jeudi, où plusieurs agriculteurs ont tenu à exprimer leur colère.
Fredericton a l’intention d’abolir les services vétérinaires provinciaux à compter du 31 mars 2027. Le gouvernement veut privatiser ces services, mais plusieurs agriculteurs redoutent qu’ils ne recevront pas un service comparable, surtout en région rurale.
Au micro de l’émission La matinale d’ICI Acadie, le président sortant et 2e vice-président de l’Alliance agricole du Nouveau-Brunswick, Joël Lamarche, explique que l’Alliance s’est retirée des discussions avec la province, plus tôt cette semaine.
Joël Lamarche, président sortant et 2e vice-président de l’Alliance agricole du Nouveau-Brunswick. (Photo d’archives)
Photo : Zoom
On n’était pas satisfait de la direction et des réponses du gouvernement. Écoute, ils sont braqués sur leurs positions, on a demandé quelques affaires et on sent pas que la discussion est honnête, donc on a décidé de se retirer du dossier pour pas être associé à ça quand ça va faillir.
Lors de la dernière réunion vendredi, il dit n’avoir senti aucune flexibilité de la part du gouvernement.
C’était vraiment pour nous dicter comment ça allait aller et on a apporté des points et on n’était pas écouté du tout.
Joël Lamarche explique ne pas être contre la privatisation des services vétérinaires, à la base. Toutefois, l’échéancier du 31 mars prochain est tout simplement irréaliste, dit-il.
C’est ça qu’on aimerait voir changer. Pour avoir le temps de s’organiser et faire quelque chose
, précise-t-il en ajoutant qu’il aurait souhaité discuter d’autres options avec la province.
Le ministre de l’Agriculture, de l’Aquaculture et des Pêches, Pat Finnigan, regrette que l’Alliance agricole ait décidé de se retirer des négociations.

Pat Finnigan, ministre de l’Agriculture, de l’Aquaculture et des Pêches.
Photo : Radio-Canada / Frédéric Cammarano
Nous autres, nos portes sont ouvertes aux parties prenantes. […] On est ouvert, on va continuer le processus et on s’attend qu’ils vont participer
, dit-il, en ajoutant toutefois que les services vétérinaires provinciaux prendront véritablement fin.
La décision a été prise, on va de l’avant. Ça avance comme prévu et on continue les conversations.
Des fermiers en colère
Quelques dizaines d’agriculteurs ont décidé de se rendre à Fredericton jeudi pour assister aux débats et montrer leur désaccord.
Philemon Lawrence était l’un d’entre eux. Il possède une ferme laitière dans la région de la capitale provinciale.

Philemon Lawrence est propriétaire d’une ferme laitière à
Photo : Radio-Canada / Frédéric Cammarano
Nous sommes ici pour montrer notre appui envers les vétérinaires et envers l’industrie agricole et nous allons essayer de faire changer d’avis ce gouvernement.
Ils semblent mettre l’agriculture au second plan.
Il craint que la privatisation du service actuel ait un impact sur sa qualité et qu’il n’obtienne pas un service 24 heures sur 24.

Quelques dizaines d’agriculteurs se sont rendus à Fredericton pour assister aux débats jeudi.
Photo : Radio-Canada
J’ai peur que nous allions perdre les services ou payer beaucoup plus cher pour ceux-ci.
Une motion déposée pour annuler la décision
En Chambre, leur présence a été remarquée par tous, surtout par les partis d’opposition qui dénoncent eux aussi cette décision du gouvernement Holt.
Le chef de l’opposition officielle, Glen Savoie, a qualifié la situation vécue par les agriculteurs d’un véritable chaos
.
La députée de Sussex-Three-Rivers, Tammy Scott-Wallace, a déposé une motion pour renverser les compressions des services vétérinaires. Celle-ci sera débattue le 14 mai.

Tammy Scott-Wallace, députée de Sussex-Three-Rivers.
Photo : Radio-Canada / Frédéric Cammarano
Le chef du Parti vert, David Coon, l’appuiera.
Ces coupes budgétaires comptent parmi les initiatives les plus stupides jamais prises par un gouvernement
, a-t-il lancé en mêlée de presse. Ce que la première ministre tente de faire est incompréhensible. Bien sûr que nous allons appuyer cette motion.

David Coon, chef du Parti vert du Nouveau-Brunswick.
Photo : Radio-Canada / Frédéric Cammarano
David Coon dit que le système actuel fonctionne et qu’il n’y a pas de raison, autre que budgétaire, de le privatiser. Selon lui, il faut simplement augmenter les frais du programme, payés par les fermiers, pour assurer un meilleur revenu à la province.
Maintenir le système qui existe maintenant et augmenter les [frais] pour les fermiers, c’est la solution. C’est simple.
Le ministre Pat Finnigan reconnaît que ces changements sont difficiles pour les agriculteurs. En ce qui a trait à l’avenir des services de laboratoire vétérinaire, il réitère qu’aucune décision définitive n’a été prise concernant cette privatisation.
Le Conseil de la recherche et de la productivité s’affaire à produire une étude pour évaluer la faisabilité, rappelle-t-il.
Il n’y a pas de décision finale qui a été prise, ça va être établi à mesure, on va voir ce qui est les possibilités, capable de préserver toute classification, et être capable de livrer le même service de manière plus durable.
Avec les informations de Frédéric Cammarano
Crédit: Lien source
