« Une Guyane du futur et dont je rêve » : la journaliste Clotilde Séraphins George imagine un territoire autosuffisant et apaisé dans son premier roman
C’est une Guyane de rêve qui se dessine sous les mots de Clotilde Séraphins George. Nous sommes en 2050, de nombreux trams circulent sur des aménagements routiers impeccables, dans des villes à la fois bien équipées et vertes. « Une Guyane du futur dont je rêve, reconnaît l’autrice. Une Guyane autosuffisante qui affiche son plein potentiel et toutes les richesses dont elle dispose. Une Guyane dont le pluralisme est une force et se vit, et s’exprime dans une forme d’unanimité territoriale en mode « 973 represent ». »
C’est dans ce décor utopique que se joue l’histoire de Yana Trèfle, le personnage principal. Son parcours commence par un drame. Installée à Las Vegas, la jeune femme décide de quitter sa vie pour tout recommencer. Son choix se porte sur la Guyane, territoire amazonien dont le nom résonne étrangement avec son prénom. Une terre, à l’opposé des paysages désertiques du Nevada. « Elle choisit la Guyane parce qu’elle est le parfait opposé de ce qu’elle quitte », explique Clotilde Séraphins George. Au-delà du changement de décor, son héroïne découvre un territoire qui lui offre bien davantage : « la paix, une authenticité, des rencontres, l’amour et une histoire captivante ».
Une Guyane salvatrice
À travers cette fiction, la journaliste défend une conviction profonde : la Guyane possède un véritable pouvoir de résilience.
« L’effet salvateur de la Guyane, c’est exactement ainsi que je perçois le territoire. L’Amazonie a ce pouvoir. La Guyane a sauvé beaucoup de monde, enrichi beaucoup de personnes venues des quatre coins de la planète. Pourtant, on lui prête plus volontiers des clichés négatifs que son sens de l’accueil et du salut »
Clotilde Séraphins George
Bien connue dans le paysage médiatique local, Clotilde Séraphins George exerce désormais dans l’Hexagone, à Outre-mer La 1ère. Mais qu’elle soit devant ou derrière la caméra, l’écriture l’a toujours accompagnée. « J’écris depuis que je sais écrire. Les histoires naissent dans ma tête en permanence et éprouvent le besoin de jaillir sur le papier. Je n’ai ressenti l’envie de publier que récemment, et Guyane, Terre de salut a ouvert cette voie. »
Un bel écrin pour le créole guyanais
L’idée de ce roman est née d’une scène de cinéma. En voyant une héroïne quitter sa vie après un drame, l’autrice imagine une autre fin. « Je me suis demandé : et si elle partait en Guyane pour se reconstruire ? À quoi pourrait ressembler la renaissance de cette femme ? » Les personnages se sont ensuite imposés naturellement au fil de l’écriture. Certains portent les prénoms de ses proches, un hommage discret à son mari, à leurs enfants et à leurs petits-enfants.
Autre élément essentiel du récit : le créole. Une évidence pour l’autrice qui, au cours de sa carrière, a eu l’occasion de présenter, en Guyane, un journal en créole. « Le créole est la mélodie de nos territoires, notre « lang manman ». Il est indissociable de la vie de Yana en Guyane. »
Si plusieurs manuscrits attendent déjà leur publication, Clotilde Séraphins George précise que tous ne seront pas consacrés à la Guyane. En revanche, ils auront un point commun : ils relèveront toujours de la fiction. « J’adore imaginer des histoires, des personnages, des décors. Ce qui me plaît avant tout, c’est d’imaginer le lecteur passer un bon moment en compagnie de mes histoires. »
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