C’est jour de vote, lundi. Nous vous encourageons à accomplir votre devoir de citoyen, et pas seulement parce qu’il ne faut jamais tenir notre démocratie pour acquise. Dans la plupart des régions, des candidats livrent des luttes corsées et des enjeux importants sont débattus. Mieux encore, vous avez votre mot à dire!
Vingt-cinq maires et 136 conseillers ont déjà été élus par acclamation. Il reste encore 599 postes à pourvoir et un peu plus de 1100 candidats qui demandent la confiance des électeurs. À moins d’être un résident de McAdam ou de Tracy, où le conseil municipal au complet a été élu par acclamation, il y a de fortes chances qu’une ou plusieurs courses soient à surveiller dans votre communauté. Si la soirée électorale s’annonce terne à Grand-Bouctouche – tous les conseillers ont été élus par acclamation, un poste est resté vacant faute de candidat et deux personnes s’affrontent à la mairie – elle sera autrement plus excitante ailleurs dans la province.
Nous notons avec satisfaction que la démocratie se porte bien dans les principales villes du Nouveau-Brunswick. Que ce soit dans le Triangle d’or de Moncton, Saint-Jean et Fredericton (en plus de Dieppe) ou dans les villes-centres du Nord (Edmundston, Campbellton, Bathurst et Miramichi) aucun maire n’a été élu par acclamation.
Toutes les élections ne sont pas chaudement disputées. À Bathurst, le candidat James Risdon n’en est pas à sa première tentative de devenir maire. En 2008 et en 2012, il n’avait obtenu que des miettes. Ce serait une énorme surprise de le voir défaire la mairesse Kim Chamberlain.
À Edmundston, le maire Eric Marquis est bien positionné. Il jouit d’une plus grande renommée que son adversaire Dave Boucher. Surtout, il vient de réussir un grand coup en obtenant l’appui de la première ministre Susan Holt dans ses efforts visant à convaincre Énergie NB de réparer plus rapidement sa principale ligne de transmission dans la région et de mettre fin aux pannes à répétition qui frappent le Madawaska.
Qu’importe que les membres sortants d’un conseil municipal partent favoris ou non, il est sain qu’ils fassent face à de l’opposition. À vous, électeurs et électrices, de décider si vous désirez leur accorder un vote de confiance ou montrer votre insatisfaction.
Ça brasse dans la Péninsule acadienne. Le maire de Caraquet Bernard Thériault fait face à un adversaire de qualité en Gilles Lanteigne, un ancien d’UNI Coopération financière. Les opposants de M. Thériault n’hésitent pas à lui remettre sous le nez ses frasques et certaines décisions controversées. Ce dernier réplique en mettant de l’avant son bilan.
À Tracadie, où rien n’est jamais simple, le maire Denis Losier affronte pas moins de quatre candidats. Est-ce un signe de la colère de l’électorat à son endroit? La division du vote favorisera-t-elle M. Losier? À suivre!
Dans le Sud-Est, bien malin qui pourra prédire qui l’emportera à Dieppe et à Moncton. La liste de candidats inclut de nouveaux visages, des politiciens qui tentent un retour, des vétérans, des conseillers municipaux qui veulent succéder au maire, etc.
À Dieppe, le dossier de la construction d’une école anglophone de 1200 élèves s’est invité dans la campagne, au grand dam des candidats qui craignent cette patate chaude. Certains semblent craindre de perdre l’appui de certaines tranches de l’électorat s’ils ont le malheur de défendre une position tranchée.
Par ailleurs, nous avons droit à un vent de changement, avec le départ de plusieurs figures connues de la politique. Yvon Lapierre (Dieppe), Denis Landry (Hautes-Terres), Jean-Pierre Ouellet (Haut-Madawaska), Nicole Somers (Saint-Quentin), Normand Pelletier (Baie-des-Hérons), Adam Lordon (Miramichi), Paulette Thériault (Moncton) et plusieurs autres tirent leur révérence après avoir servi la population pendant de nombreuses années.
Il y aura donc bientôt de nouveaux visages à la tête de plusieurs municipalités. Ces élections sont particulièrement importantes du fait que les politiciens élus une première fois sont généralement avantagés lors des scrutins suivants. En tant qu’électeur, votre voix aura donc une influence sur le résultat de lundi soir, mais aussi de façon indirecte sur les prochaines soirées électorales municipales.
Si vous avez encore besoin d’être motivé pour aller voter, n’oubliez pas qu’il s’agit d’un palier de gouvernement avec un impact direct sur nos vies. Le taux d’impôt foncier, le déneigement des rues, la collecte des ordures, le service d’incendies, les eaux et égouts et bien plus encore sont tributaires de décisions du conseil municipal.
Vous avez le dernier mot. Ne vous en privez surtout pas.
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