3 jours de deuil national au Guyana après le naufrage du MV Barima, et un nouveau bilan provisoire de 41 morts et 77 rescapés
« Un bébé de 2 ans et une adolescente tout juste trouvé », « deux hommes », « un enfant et un adulte ». Sur sa page facebook, le leader de l’opposition Azruddin Mohamed poste depuis ce matin ces corps retrouvés, avec une localisation GPS afin que les garde-côtes le rejoignent. 2 corps ont été retrouvés. Depuis dimanche 19 juillet, il participe aux recherches en mer, tout comme d’autres citoyens, et notamment les pêcheurs, aux côtés des garde-côtes de la Force de défense du Guyana, et du Département de l’administration maritime du Guyana. Sur les photos, un t-shirt, une montre, un indice pour permettre de reconnaître les victimes.
Un bilan provisoire de 29 morts
Dans la presse et sur les réseaux sociaux, sont diffusés les photos et noms des personnes décédées qui ont été identifiées : Shamera, 14 ans, Léonard, 23 ans, Silvester, 46 ans, ou encore Paul, ingénieur en chef du MV Barima.
Selon le dernier communiqué du gouvernement, le bilan provisoire du naufrage du MV Barima s’élève à 41 morts. Ce sont 14 corps qui ont été repêchés dans la matinée de ce mardi 21 juillet.
77 personnes secourues ont été recensées par le Centre de coordination des secours maritimes.
Hier soir, le premier ministre guyanien a indiqué que le nombre de personnes à bord du MV Barima serait de 179 personnes, ce qui ne correspond pas aux 133 inscrites sur le registre de bord. C’est l’examen des caméras de enregistrements des caméras de surveillance du port de Georgetown qui aurait permis de déterminer ce nombre. « Nous avons réduit la marge d’incertitude concernant ce nombre, grâce au travail réalisé par l’équipe qui a été mise sur pied. Ils ont recueilli beaucoup d’informations (…) au moment du chargement du bateau » et « c’est ce qui nous a permis de ramener ce chiffre à 179 » à bord, a t il expliqué lors d’une conférence de presse.
61 personnes resteraient donc à retrouver.
Les militaires français aux côtés des Guyaniens
En mer, les recherches se poursuivent, avec 16 navires déployés dans la zone de l’épave. Le MV Barima a été localisé hier par deux pêcheurs impliqués dans les recherches depuis dimanche. Le navire a été retrouvé « reposant sur le fond marin, près du point de détresse initial signalé par la tour de contrôle aérien, à neuf milles nautiques au large de Devonshire Castle, Flats », précise un communiqué du gouvernement.
Sur place, des plongeurs venus de Guyane ont rejoint les plongeurs guyaniens. Il s’agit de plongeurs du génie du 9ème régiment d’infanterie de marine (9ème RIMA). Il font partie d’un détachement de 15 militaires, réunissant également du personnel de la marine, de la gendarmerie, de l’armée de l’air ainsi qu’une équipe sanitaire. Un appui qui intervient au moment où les chances de retrouver des victimes vivantes se réduisent, et où les opérations vont certaines consister à récupérer des corps prisonniers de l’épave.
Le gouvernement de Trinidad et Tobago apporte également son soutien aux recherches avec le déploiement de moyens aériens et navals ainsi que du personnel des Forces de défense.
Appel au départ du ministre des travaux publics
A terre, les autorités se montrent aux côtés des victimes et de leur famille, à l’image du président Irfaan Ali qui est resté avec les proches des personnes disparues sur le front de mer de Charity. Elles appellent à l’unité du pays face à la tragédie.
Mais les polémiques se font entendre. Depuis le lieu du naufrage, le leader de l’opposition Azruddin Mohamed appelle à la « démission immédiate du ministre des travaux publics » au cours d’une interview par visioconférence accordée à Gomoseley Radio ce mardi 21 juillet. Il dénonce la négligence du ministère des travaux publics, insistant sur l’âge du navire et sur le nombre de passagers à bord non conforme au registre de bord, mais il affirme aussi « qu’ils veulent faire porter toute la responsabilité » au capitaine du MV Barima.
D’autres partis politiques ou des organisations comme l’Amerindian Peoples Association (APA) appellent également au retrait voire au départ du ministre des travaux publics Juan Edgill.
Parmi les critiques, l’âge avancé du navire, en service depuis 1939. Certaines personnes, notamment des survivants, pensent aussi que le MV Barima était surchargé.
Selon les témoignages des rescapés, l’embarcation avait commencé à prendre l’eau avant de chavirer.
Le président Irfaan Ali a assuré qu’une enquête complète, approfondie et indépendante serait menée sur le naufrage du MV Barima. Il a annoncé 3 jours de deuil national, de mercredi 22 à vendredi 24 juillet.
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