AD1179: Les Béninois valorisent une identité partagée, mais restent préoccupés par la discrimination ethnique et la mauvaise gestion des inégalités
Dans un contexte mondial marqué par une recrudescence des tensions et un recul généralisé de la paix, la cohésion sociale apparaît comme un fondement essentiel du vivre ensemble et de la stabilité des sociétés (Nations Unies, 2024).
Le Bénin, souvent cité comme l’un des pays les plus stables de l’Afrique de l’Ouest, occupe la 112ᵉ position sur 163 au classement de l’Indice Mondial de la Paix 2025 (Institute for Economics & Peace, 2026). Cela traduit un niveau de paix intermédiaire à l’échelle mondiale, marqué par des fragilités malgré l’absence de conflit majeur. Toutefois, cette stabilité apparente masque des dynamiques sociales plus nuancées, où les perceptions de confiance, de solidarité et d’équité entre citoyens demeurent contrastées (Sélo, 2025 ; Nguyen & Dizon, 2017). Dans ce cadre, les attitudes interpersonnelles et les relations entre groupes ethniques prennent une importance particulière, car ils conditionnent la capacité des sociétés à préserver leur unité face aux défis contemporains (Nations Unies, n. d.).
Une société véritablement cohésive se caractérise par la protection de ses membres contre les risques de la vie, la confiance mutuelle entre citoyens et envers les institutions, ainsi que la possibilité pour chacun de construire un avenir meilleur (Programme des Nations Unies pour le Développement, 2020). Trois valeurs fondamentales structurent cette cohésion : l’inclusion sociale, qui garantit à tous une participation équitable à la vie économique, sociale et politique ; le capital social, qui repose sur la confiance et le sentiment d’appartenance ; et la mobilité sociale, qui assure l’égalité des chances (Nations Unies, s.d.). Ainsi, au-delà des indicateurs de stabilité politique, la qualité du lien social est un enjeu central pour le développement harmonieux et durable des sociétés.
Dans ce contexte, il est intéressant de comprendre les attitudes des Béninois sur les questions identitaires et la confiance interpersonnelle et institutionnelle.
Les résultats de la plus récente enquête Afrobarometer montrent que les Béninois combinent largement une double identité nationale et ethnique, avec une majorité qui accordent de l’importance aux deux. Toutefois, une part non négligeable des citoyens perçoivent des traitements injustes fondés sur l’appartenance ethnique.
Si la confiance est élevée à l’égard des proches, elle est plus limitée envers les personnes d’autres groupes, qu’ils soient religieux, ethniques ou nationaux. Malgré cela, les attitudes envers la cohabitation sont globalement ouvertes et tolérantes vis-à-vis de la diversité, à l’exception notable des personnes homosexuelles, qui font face à un rejet majoritaire.
Par ailleurs, les Béninois se disent insatisfaits de la performance du gouvernement sur quelques facteurs économiques de la cohésion sociale, tels que la réduction des inégalités entre riches et pauvres ainsi que l’amélioration des conditions de vie des pauvres.
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