Anthony Mastrovalerio, président wallon de l’Union des industriels forains belges: « être forain, c’est avant tout un mode de vie »

« Tenir l’église au milieu du village »

Officiellement fondée il y a 80 ans, l’Union a notamment pour missions essentielles d’assurer la défense des intérêts du secteur et de servir d’intermédiaire entre les exploitants de manèges et les administrations communales dans l’organisation des fêtes foraines.

Une mission d’autant plus importante aujourd’hui qu’il n’est pas rare de voir certains champs de foire déplacés vers d’autres lieux que ceux qui les accueillaient traditionnellement, pour des raisons politiques ou à la suite d’importants travaux entrepris sur certains espaces.

Même si l’idée revient sur la table lors de chaque foire à Tournai, un déménagement vers le centre-ville — ce qui constituerait en réalité un retour aux sources — n’est pas encore concrètement à l’ordre du jour.

Dures réalités économiques

À l’heure où beaucoup dénoncent la hausse des coûts de l’énergie et de la vie en général, c’est cette problématique que nous avons souhaité aborder avec le président wallon. Cela, en se basant sur sa propre expérience, sachant qu’il exploite ce que les forains appellent dans leur jargon un « petit métier », en l’occurrence un mini-basket.

« Avant de venir à Tournai, j’étais durant une petite semaine sur la foire de Marbais, explique-t-il. Ensuite, il y a eu une halte sur le terrain — c’est comme cela que nous appelons notre « chez-nous » — à Charleroi, avant de prendre la direction de Tournai. Soit environ 200 kilomètres aller-retour avec un camion dont la consommation frôle, voire dépasse, les 30 litres de diesel aux 100 kilomètres. Au prix actuel du carburant, cela représente déjà une belle dépense. Rajoutez encore la taxe kilométrique (30 € aux 100 km), la location de l’emplacement et les différentes charges, sans oublier l’achat des cadeaux offerts en récompense, sachant qu’ici tout le monde gagne… »

Bref, cela représente au bas mot, et au minimum, une paire de milliers d’euros d’investissement avant même d’accueillir les premiers clients. On comprend qu’à 6 euros la partie, il faut en vendre un certain nombre pour rentabiliser un « petit métier » comme celui-là. C’est notamment pour éviter de mettre en péril le juste équilibre entre les différents métiers que le président wallon — comme ses homologues — milite en faveur d’une saine concurrence et d’une certaine stabilité dans l’établissement des plans de foire.

Lesquels doivent, selon lui, tenir compte des réalités du monde forain, dont les règles reposent précisément sur cette volonté de respect mutuel. En clair, on évite, par exemple, d’installer une pêche aux canards là où il y en a déjà une dans un certain périmètre. Cet état d’esprit, c’est aussi ce qui forge, chez celles et ceux qui le partagent, cet attachement profond à un mode de vie que, malgré les difficultés, ils n’échangeraient pour rien au monde.

Au programme de la foire de mai, à Tournai

Inaugurée ce vendredi soir en fanfare, sur les rythmes du Marching band, en présence des capybaras géants, la foire aux attractions réunit une soixantaine de métiers (croustillons compris) sur l’Esplanade de l’Europe.

Deux nouveautés cette année : l’Énergyzer, soit une roue géante fixée à un bras articulé faisant tournoyer dans les airs une trentaine de personnes solidement harnachées et une « boîte à rires » : le Tiki Ville.

Diverses animations sont également prévues au programme avec : le lundi 11 mai, une chasse au trésor à 16 h ; le mercredi 13, des grimages K-pop entre 15 h et 18 h, lesquels proposeront des séances de dédicaces et des selfies entre 15 h 30 et 17 h 30 en présence de Miss Tournai et des différentes candidates ; enfin, le vendredi 15, dès 20 h, un show DJ Deca Dance et un warm up DJ Sham’s avant de céder le podium à Kstyle, dès 22 h.

Comme le veut une tradition établie depuis plusieurs années déjà, la dernière journée, le dimanche 17 mai, sera celle des familles. Comme à l’accoutumée, les forains proposeront de nombreuses réductions à cette occasion.

La foire aux attractions foraines ouvre ses portes tous les jours de 15h à 24h, sauf les vendredis, samedis, dimanches et jours fériés de 15h à 1h.

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