Bénin : cinq ans de prison ferme pour l’ex-député Soumaïla Sounon Boké – La Nouvelle Tribune

La Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET) a condamné, mardi 12 mai 2026 à Cotonou, l’ancien député Soumaïla Sounon Boké à cinq ans d’emprisonnement ferme et à une amende de 10 millions de FCFA. L’ex-parlementaire du parti “Les Démocrates” était poursuivi pour des faits liés à un message publié dans un groupe WhatsApp le jour du coup d’État déjoué de décembre 2025.

La juridiction spéciale a suivi les réquisitions du ministère public, qui avait demandé une peine de soixante mois de prison ferme assortie d’une sanction financière du même montant. L’ancien élu avait été placé sous mandat de dépôt après son interpellation.

Un message WhatsApp au centre du dossier

L’affaire trouve son origine dans un message envoyé le 7 décembre 2025 dans un groupe de discussion sur WhatsApp. Selon les poursuites engagées par le parquet spécial près la CRIET, l’ancien député avait écrit « c’est la fête » alors que les autorités béninoises annonçaient avoir déjoué une tentative de coup d’État visant le régime du président Patrice Talon.

Le ministère public a retenu contre lui les infractions d’« apologie de crimes contre la sûreté de l’État » et d’« incitation à la rébellion par le biais d’une communication électronique ». Pour l’accusation, ce message constituait un soutien implicite aux auteurs présumés de la tentative de déstabilisation des institutions.

À l’audience, Soumaïla Sounon Boké a rejeté cette interprétation. Il a expliqué que le message incriminé n’était pas destiné au groupe concerné et qu’il aurait été envoyé par erreur. L’ancien député a affirmé qu’il préparait des retrouvailles avec des amis dans un autre groupe de discussion au moment des faits. Devant les juges, il a également contesté tout lien avec les militaires ou civils soupçonnés d’avoir participé au projet de coup d’État évoqué par les autorités béninoises.

Le parquet suivi par la juridiction spéciale

Dans son verdict rendu mardi, la CRIET a déclaré le prévenu coupable des faits poursuivis. La juridiction a prononcé une peine identique à celle requise par le ministère public. Créée par une loi adoptée en 2018, la CRIET est compétente pour juger notamment les infractions économiques, le terrorisme et certaines atteintes à la sûreté de l’État. Ses décisions peuvent faire l’objet d’un recours devant la chambre des appels de la juridiction. L’ancien député du parti “Les Démocrates”, principale formation politique d’opposition au Bénin, conserve la possibilité de contester sa condamnation. Selon la décision rendue publique, il dispose d’un délai de quinze jours pour interjeter appel.

Crédit: Lien source

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.