Esclavage: le président de la collectivité de la Martinique appelle à des réparations

« Une nouvelle loi est désormais nécessaire« , a écrit M. Letchimy dans une lettre ouverte à Emmanuel Macron, 25 ans après l’adoption par le Parlement, le 10 mai 2001, du texte porté par la députée guyanaise d’alors Christiane Taubira, qui reconnaît que la traite négrière et l’esclavage ont constitué un crime contre l’humanité.

Le président du conseil exécutif de la CTM a exhorté le président de la République, dans un courrier de cinq pages, à « une loi de réparation » visant à établir que ce crime « irréparable » a produit des « dommages historiques« , culturels et économiques « durables » en Martinique.

L’élu martiniquais de centre gauche, de sensibilité autonomiste, préconise la création d’une « commission ad hoc » qui déterminerait « les modalités concrètes » des réparations, fondées sur « un projet de justice constructive et de codéveloppement, loin de tout imaginaire revanchard« .

« Incohérence française »

Cette approche prônée par Serge Letchimy serait inspirée du plan en dix points pour une « justice réparatrice » adopté en 2014 par la Communauté caribéenne, bloc régional constitué essentiellement d’anciennes colonies britanniques, auquel la Martinique a adhéré, en avril, en qualité de membre associé, au terme d’un long processus.

La réparation ne revient pas à « distribuer des culpabilités héréditaires » et ne s’assimile pas à de la « repentance« , a précisé M. Letchimy.

Il a aussi dénoncé l' »incohérence » de la position française, illustrée par l’abstention de la France lors du vote en mars sur une résolution des Nations unies qualifiant la traite transatlantique et l’esclavage de « plus graves crimes contre l’humanité« .

Le texte avait été adopté à une large majorité malgré l’abstention des pays de l’Union européenne et de l’opposition des Etats-Unis.

Aboli par la France dans ses colonies en 1848, après avoir perduré durant deux siècles, l’esclavage « n’est pas une annexe exotique de l’histoire française« , a réaffirmé le dirigeant martiniquais, appelant le chef de l’État à faire de cet « objet de mémoire » un « sujet de justice« .

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