- Les investigations se poursuivent en Amérique du Sud, et notamment en Argentine, pour déterminer l’origine de l’infection et identifier le « patient zéro ».
- L’ornithologue néerlandais Leo Schilperoord, décédé le 11 avril, pourrait être ce patient zéro de l’épidémie d’hantavirus sur un bateau de croisière.
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Hantavirus sur un navire de croisière : faut-il craindre une nouvelle crise sanitaire ?
Qui a introduit le virus meurtrier à bord du navire de croisière « MV Hondius » (nouvelle fenêtre) ? Alors que les investigations se poursuivent pour déterminer l’origine de l’infection et identifier le « patient zéro » de ce foyer d’hantavirus (nouvelle fenêtre), les soupçons se tournent vers un ornithologue néerlandais de 70 ans, décédé à bord du bateau le 11 avril, cinq jours après l’apparition des premiers symptômes (fièvre, maux de tête, vomissements, légère diarrhée).
Son épouse de 69 ans, elle aussi ornithologue, est morte le 26 avril à Johannesburg, en Afrique du Sud, où elle avait été amenée par avion après avoir à son tour présenté des symptômes. Les autorités argentines ont tenté de reconstituer leur voyage, en se basant sur les registres d’entrée et de sortie des frontières.
Le couple de retraités était arrivé le 27 novembre dernier en Argentine, point de départ d’un périple de quatre mois en Amérique du Sud. Il avait ensuite rejoint en voiture le Chili (7 janvier), puis s’était rendu en Uruguay (13 mars), avant de retourner en Argentine (27 mars). Avant d’embarquer sur le navire de croisière le 1ᵉʳ avril depuis le port d’Ushuaïa; ces deux passionnés d’oiseaux se sont rendus dans une décharge située en périphérie de la ville d’Ushuaïa, un site très prisé des ornithologues car peuplé d’oiseaux rares, où aurait pu se produire la contamination, via la présence de rongeurs vecteurs. Il s’y était rendu pour observer le Caracara à gorge blanche, une espèce qu’on trouve uniquement dans cette région du monde.
L’itinéraire du couple retracé
Le ministère argentin de la Santé a souligné qu’il n’est « pas confirmé que la contagion ait eu lieu en Argentine »
et que la province de la Terre de Feu (extrême sud) « n’a signalé aucun cas d’hantavirus depuis la mise en place de la notification obligatoire en 1996 »
. Néanmoins, les autorités du pays ont annoncé l’envoi d’une équipe d’experts sur place afin de déterminer s’il existe des traces d’hantavirus dans la région. Des équipes de l’Institut Malbran de Buenos Aires, la référence nationale en matière de maladies infectieuses, se rendront « dans les zones liées au parcours »
du couple néerlandais. L’équipe travaillera avec des biologistes locaux pour piéger les rats sur le site d’enfouissement et les tester afin de détecter la présence du virus.
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D’après l’Organisation mondiale de la santé (OMS), la période d’incubation du virus est comprise entre une et huit semaines.
L’homme a donc probablement contracté la maladie en Argentine, deux à quatre semaines avant d’embarquer sur le navire de croisière depuis le port d’Ushuaïa, dans une région montagneuse de Patagonie, peut-être dans les provinces de Chubut, Neuquén ou Río. Le rat pygmée des rizières à longue queue, dont l’habitat d’origine était les Andes patagoniennes et le nord-ouest de l’Argentine, se trouve désormais dans les provinces aux côtés d’autres rongeurs qui transmettent la maladie. L’origine précise et l’identité de la personne porteuse du virus n’ont toutefois pas été confirmées par l’OMS pour l’heure.
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