Il est impossible de parvenir à un développement écologique avec un mode de vie «brun».

Ces dernières années, la nécessité d’ une économie plus verte s’est imposée. De la réduction des émissions à la mise en œuvre de pratiques ESG (sociales, environnementales et de gouvernance), en passant par le recyclage des emballages et l’économie circulaire, les entreprises doivent s’adapter aux nouvelles normes de développement du marché mondial.

Cependant, à l’échelle de la société, cette transition n’a pas été véritablement uniforme. Si les entreprises sont de plus en plus tenues d’investir dans des technologies plus propres, d’être plus transparentes sur leurs émissions et de respecter leurs obligations en matière de recyclage, les habitudes de consommation polluantes et énergivores restent très répandues au quotidien.

On estime que le Vietnam produit environ 1,8 million de tonnes de déchets plastiques par an, tandis que le taux de recyclage reste faible. Le gaspillage alimentaire, la consommation excessive d’électricité et d’eau, ainsi qu’une forte dépendance aux produits plastiques à usage unique demeurent des problèmes courants dans de nombreuses zones urbaines.

Il est frappant de constater que, malgré la pression croissante exercée sur les entreprises pour qu’elles adoptent des pratiques plus écologiques, la société semble rester assez tolérante envers les comportements de consommation néfastes pour l’environnement. Nombreux sont ceux qui considèrent encore la protection de l’environnement comme relevant principalement de la responsabilité des pouvoirs publics ou des entreprises, alors que leurs habitudes de consommation quotidiennes génèrent des émissions importantes.

Une économie verte ne dépend pas uniquement des technologies de production ou des engagements climatiques, mais aussi des comportements de millions de consommateurs. L’expérience internationale montre que les pays qui réussissent leur transition écologique promeuvent simultanément une production verte et modifient les comportements sociaux. Au Japon, les programmes d’étiquetage énergétique permettent aux consommateurs de connaître la consommation électrique et les émissions de carbone de leurs appareils. En Allemagne, le tri des déchets à la source est directement lié aux mécanismes de collecte et de traitement. De nombreux pays européens utilisent des taxes, des redevances et des incitations financières pour faciliter et rendre plus abordables les choix écologiques.

Le point commun entre ces pays est qu’ils ne font pas peser l’intégralité de la transition sur les entreprises, mais conçoivent plutôt des politiques visant à faire progressivement des comportements écologiques un choix courant dans la société.

C’est également un problème que le Vietnam devra résoudre dans les prochains mois. En effet, adopter un mode de vie écologique a parfois un coût. Certains produits respectueux de l’environnement sont plus chers que les produits conventionnels ; les infrastructures de tri, de collecte et de recyclage des déchets font encore défaut dans de nombreuses régions ; et les transports publics dans les grandes villes doivent encore progresser. Cela montre qu’une transition écologique a peu de chances de réussir si elle se limite à des campagnes de sensibilisation. Pour encourager des changements de comportement durables, il est nécessaire de créer des conditions plus favorables en termes d’infrastructures, d’information et de mécanismes d’incitation.

Il est toutefois important de souligner que de nombreux comportements écologiques peuvent être adoptés par les particuliers sans engendrer de coûts importants, comme économiser l’électricité, réduire le gaspillage alimentaire, limiter l’utilisation de plastiques à usage unique ou privilégier des produits plus durables. La consommation d’électricité des ménages représente actuellement une part importante de la consommation nationale totale d’électricité. Même une petite économie réalisée par chaque foyer peut contribuer significativement à réduire la pression énergétique et les émissions.

La transition écologique n’est donc pas seulement une exigence pour les entreprises ou les industries, mais doit devenir un principe directeur de la gestion du développement et des comportements sociaux. Une économie à faibles émissions sera difficile à atteindre si la consommation et les modes de vie ne se transforment pas en conséquence. Pour que le développement durable soit véritablement efficace, les politiques doivent simultanément orienter la production, modifier les comportements des consommateurs et favoriser progressivement une culture du développement durable au sein de la société.

Cela implique également de renforcer les institutions chargées de la consommation durable, de l’économie circulaire, du tri des déchets à la source et de la transparence des informations environnementales relatives aux produits et services. Parallèlement, le rôle de contrôle de l’Assemblée nationale et des conseils populaires à tous les niveaux sur la mise en œuvre des politiques environnementales doit être renforcé afin de garantir une transition écologique véritablement efficace.

Source : https://daibieunhandan.vn/khong-the-phat-trien-xanh-voi-loi-song-nau-10416482.html

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