POLITIQUE – Après une publication de « Mediapart » le 19 mars 2026, relayée ce samedi par « La Provence », la participation de Dominique Bonmati au conseil municipal de La Ciotat suscite des « interrogations déontologiques ». Et provoquent en revanche, des réactions.
La situation de Dominique Bonmati continue d’alimenter le débat politique et médiatique à La Ciotat. Ancienne présidente du tribunal administratif de Marseille et membre du collège de déontologie du Conseil supérieur des tribunaux administratifs et des cours administratives d’appel (CSTACAA), elle siège aujourd’hui dans les rangs de l’opposition municipale après les dernières élections.
La polémique trouve son origine dans un article publié le 19 mars 2026 par le site d’investigation « Mediapart ». L’affaire a ensuite été relayée ce samedi 9 mai par le quotidien régional « La Provence », relançant les interrogations sur la compatibilité entre les fonctions de Dominique Bonmati au sein d’une instance chargée de veiller à l’impartialité de la juridiction administrative et son engagement politique local sur une liste par le Rassemblement National.
Lors des élections municipales de mars dernier, la liste « Cap sur le bon sens » menée par Daniel Salenc et soutenue entre autres par le RN, avait obtenu quatre sièges au conseil municipal, formant ainsi la deuxième force politique après celle de la majorité municipale. Dominique Bonmati y figure parmi les élus d’opposition de son groupe.
Selon ses soutiens, Dominique Bonmati n’est toutefois pas adhérente du Rassemblement National. Elle se serait engagée sur cette liste en sa qualité de Ciotadenne et dans le cadre d’un large rassemblement local associant différentes sensibilités politiques locales et nationales ainsi que des membres de la société civile.
Dans son compte rendu d’avril, l’Union syndicale des magistrats administratifs (USMA) estime que cette situation pourrait porter atteinte à l’image d’indépendance et de neutralité de la juridiction administrative. Le syndicat demande ainsi l’application stricte des recommandations déontologiques émises par le Conseil d’État et considère qu’un retrait du collège de déontologie serait préférable afin d’éviter toute ambiguïté.
Dominique Bonmati n’a pas souhaité répondre publiquement aux critiques formulées dans la presse, invoquant son devoir de réserve lié à ses fonctions honoraires.
« SE NOURRIR DES AMALGAMES… »
Face à cette polémique, Lionel Giusti a pris publiquement ce samedi, la défense de sa colistière. Dans un communiqué publié sur ses réseaux sociaux, il dénonce un climat politique qu’il juge particulièrement agressif depuis les dernières municipales à La Ciotat et critique les amalgames visant plusieurs membres de la liste d’opposition.
Le président des « Ciotadens » rappelle qu’il ne possède aucune adhésion au Rassemblement National, tout en affirmant son attachement au pluralisme démocratique et au respect du choix des électeurs. « Ne pas accepter la diversité des opinions, c’est prendre le risque d’un affaiblissement du débat démocratique », estime-t-il.
Lionel Giusti décrit par ailleurs Dominique Bonmati comme « une femme intègre, professionnelle, humaine et profondément démocrate » et affirme être « fier de siéger à ses côtés » au conseil municipal de La Ciotat
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