La préfecture instaure une veille sanitaire dans l’actuel contexte d’échouements massifs de sargasses

La préfecture de la Guadeloupe a annoncé hier (jeudi 7 mai 2026) instaurer une veille sanitaire, alors que d’importants échouements de sargasses sur les littoraux exposés (principalement sur les côtes sud et est) sont observés depuis plusieurs semaines. Le volume d’algues est tel, désormais, que les opérateurs chargés de leur ramassage sont dépassés. Ces nuisibles s’accumulent et ont le temps de se décomposer. Elles sont alors sources d’émanations toxiques d’hydrogène sulfuré (H2S).

« Les échouements de sargasses ont été particulièrement intenses, ces dernières semaines, sur l’ensemble de l’archipel (…). Les moyens de collecte mis en œuvre par les communes et le conseil départemental (port de la Désirade) n’ont pas permis de faire face au niveau d’échouement. »

Extrait du communiqué de la préfecture.

Un premier seuil d’alerte atteint

Dans ce contexte, le seuil d’alerte a déjà été ponctuellement atteint, à Beauséjour, sur l’île de La Désirade, le 5 mai dernier. Ce site est depuis en pré-alerte, tout comme d’autres secteurs de l’archipel : le lagon de Saint-François, Arnouville et Roujol à Petit-Bourg et à Grande-Anse à Terre-de-Bas.

La décomposition des sargasses dégage une odeur nauséabonde et des gaz toxiques, pouvant provoquer des réactions de type allergique, des maux de tête, vertiges, vomissements, ou des difficultés respiratoires chez les plus fragiles.

« Se tenir éloigné« … Mais comment ?

Alors que « la collecte se poursuit« , la préfecture et l’Agence régionale de santé (ARS) rappellent les recommandations d’usage. La population doit « se tenir éloigné des zones affectées« , les personnes vulnérables ne doivent pas « séjourner sous le vent des émissions des gaz » et il faut consulter en cas de symptômes (yeux ou gorge qui piquent, larmoiements, maux de tête, toux, démangeaisons, vomissements, vertiges). En cas de difficultés respiratoires, en particulier, il est recommandé de contacter le SAMU au 15, ou la régulation de la médecine libérale (ADGUPS) au 0590.90.13.13.

Mais la principale recommandation, qui consiste à s’éloigner des zones où stagnent les algues, est difficile à respecter pour bon nombre d’habitants, qui résident à proximité de la mer et n’ont pas d’autres solutions d’hébergement.

Des prévisions alarmantes

La situation ne va pas s’arranger dans les prochains jours. Les prévisionnistes, qui scrutent les sargasses qui font route vers la Guadeloupe depuis le large, parlent de nombreux radeaux et filaments présents entre le Papillon et Marie-Galante. Ils viendront majoritairement s’échouer dans le Petit Cul-de-Sac Marin et sur la côte au vent de la Basse-Terre, mais aussi toujours épisodiquement sur le sud de la Grande-Terre. Le littoral du Nord-Est Grande-Terre reste sous la menace de petits arrivages épisodiques, mais parfois localement répétitifs, ce qui pourrait encore ici ou là créer des amoncellements. À la Désirade, les arrivages deviennent notables, venant surtout de l’est. La répétition de ceux-ci pouvant devenir problématique sur le sud de l’île. Dans les canaux des Saintes et de la Dominique ainsi qu’à l’est et sud-est de Marie-Galante, une accalmie vient de débuter ; les détections y sont plus rares et éparses.

Météo France annonce qu’aucune amélioration n’est à espérer pour les deux prochaines semaines. L’océan Atlantique reste très chargé en sargasses. Les nombreux échouements parfois massifs vont perdurer au cours des prochaines semaines.

Depuis 2011, les sargasses qui arrivent régulièrement par vagues chaque année, provoquent des dommages sanitaires, socio-économiques et environnementaux en Guadeloupe, mais aussi dans les territoires voisins de la Caraïbe.

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