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Le changement de nationalité sportive de quatre gymnastes pour l’Algérie suscite la polémique sur le financement public de leur formation. Si certaines ont fréquenté l’INSEP, ce choix stratégique répond souvent à un manque d’opportunités en équipe de France.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.
Elles sont nées en France, habitent en France, s’entraînent en France. Mais pour les compétitions internationales, ces quatre gymnastes franco-algériennes ont choisi de représenter l’Algérie. Un changement de nationalité sportive vivement critiqué par Julien Odoul, qui pointe le coût de la formation de haut niveau en France. « Vous avez un nombre de champions et de championnes, en l’occurrence s’agissant de ces deux gymnastes algériennes qui ont profité de cette formation, qui ont profité de l’argent des Français et qui au dernier moment décident de concourir sous la bannière algérienne », explique le porte-parole du rassemblement National.
Alors, est-ce que de l’argent public finance la formation d’athlètes qui finalement ne porteront pas les couleurs de la France ? On a vérifié. D’abord, regardons le profil des gymnastes concernés. Deux d’entre elles sont effectivement passées par l’INSEP, le centre de formation au haut niveau français, financé principalement par des fonds publics. Les deux autres ont évolué en club et n’ont donc pas bénéficié directement de l’argent de l’État.
Ensuite, elles sont toutes binationales, franco-algériennes. Elles ont donc bien le droit de changer de nationalité sportive. Leur principale motivation : augmenter leurs chances de sélection pour des compétitions internationales comme les Jeux Olympiques. Car elles n’auraient pas toutes eu un niveau suffisant pour concourir en équipe de France.
« Ceux qui sont vraiment les plus performants, ils restent dans notre système français et ils ne s’en vont pas. Ça n’empêche pas que parfois, pour quelque raison que ce soit un manque d’opportunité en équipe de France, une stratégie de carrière, des querelles de structure, vous ayez effectivement des gens qui prennent une autre nationalité sportive », indique Christophe Lepetit, économiste du sport au Centre de droit et d’économie du sport.
Et une fois le changement acté, ces gymnastes n’ont plus accès à l’INSEP. Mais elles vivent et s’entraînent toujours dans leurs clubs en France. Et pour ces structures locales, c’est plutôt positif.
« Le fait de participer à des compétitions internationales, ça amène de la lumière déjà au club, à la ville, que ce soit à Dijon ou à Sète. Ça permet de former les entraîneurs, ça fait rêver plein de petites filles, ça crée une dynamique, ça donne du rêve, ça donne de l’ambition », détaille Nadia Massé, entraîneuse de la gymnaste franco-algérienne Jaylia Nemour à Dijon.
Donc des athlètes en France peuvent bien changer de nationalité sportive, même si leur formation a parfois été financée par l’État. Une pratique qui n’est d’ailleurs pas inhabituelle dans le sport de haut niveau.
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Documents institutionnels :
Experts :
- Christophe Lepetit, Économiste du sport au Centre de droit et d’économie du sport :
- Nadia Massé, Coach de la gymnaste franco-algérienne Kaylia Nemour au club Alliance Dijon Gym 21 :
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