Le maire de Tracadie aurait été la cible de menaces

La lutte pour diriger la municipalité régionale de Tracadie est vive alors que cinq candidats se disputent le poste de maire. En outre, le public ne met pas toujours des gants blancs quand vient le temps de commenter la politique locale.

Les réseaux sociaux permettent à tous de s’exprimer ouvertement. Plusieurs en profitent pour critiquer leurs élus sans ménagement. Insultes, injures, reproches peuvent vite s’accumuler. Tracadie ne fait pas exception.

Or, depuis quelques jours, le maire Denis Losier a décidé de «prendre un certain recul», mais il s’est montré vague sur les raisons.

«Depuis ce matin (le 6 mai), je reçois de nombreux messages à la suite d’un article de Radio-Canada où certains candidats à la mairie se sont exprimés», a-t-il annoncé sur Facebook.

«Cette campagne a été particulièrement exigeante sur le plan humain, et j’ai déjà eu l’occasion de le mentionner à plusieurs reprises», a-t-il encore écrit, en indiquant qu’il restait néanmoins dans la course à la mairie.

Un ancien conseiller municipal de Tracadie, Gilbert McLaughlin, qui vit en Angleterre, enseigne aujourd’hui à la Liverpool Hope University.

Malgré la distance, cet universitaire suit «de près» la campagne municipale qui captive la ville dont il est originaire. Dans un courriel à l’Acadie Nouvelle, vendredi, il dit avoir constaté l’intensité du débat public et politique sur les réseaux sociaux.

«Ça a été la campagne la plus rude que j’ai vue depuis quelques années», nous a-t-il écrit.

«En plus, j’ai vu plusieurs commentaires déplacés sur le mur de Georgies (George McLaughlin, l’un des cinq candidats à la mairie) ou de Norma McGraw (candidate au poste de conseillère), a-t-il ajouté. Lorsqu’ils prennent position fortement, on peut voir des commentaires qui parlent de corruption, d’insultes ou autres.»

Un message violent

Gilbert McLaughlin dit aussi avoir discuté avec une personne impliquée dans la campagne du maire Losier.

«Il m’a dit qu’il a reçu un message violent, mais puisque ça a été supprimé, je n’ai rien vu», a-t-il révélé dans le courriel.

Vendredi, Norma McGraw a effectivement reconnu, lors d’une entrevue avec l’Acadie Nouvelle, que des menaces avaient été proférées à l’endroit du maire Losier. Elle tient une page Facebook et elle y a déjà découvert des propos inconvenants.

«Oui, ils ont surtout visé le maire. Ils m’ont visée personnellement aussi. Le maire a même reçu des menaces, comme on dirait, de le blesser.»

«C’est grave, a-t-elle affirmé. Ce n’est pas très beau, c’est disgracieux, et je pense qu’on est capable de faire de la politique mieux que ça.»

Clifford Robichaud, qui vise le poste de M. Losier, a soutenu, durant une entrevue téléphonique, vendredi, qu’il avait été plutôt épargné par les commentaires désobligeants durant la campagne électorale.

(Caraquet, 24 janvier 2025.
Clifford Robichaud – Archives

«Je n’ai pas subi beaucoup d’attaques personnelles comme telles. C’est sûr, je n’étais pas là (au conseil municipal), alors on ne peut pas me reprocher quelque chose, mais j’entends parler que ça a été comme méchant par bouts.»

Selon lui, le mécontentement est grandissant parce que le conseil municipal est depuis longtemps le même. Il a cependant précisé qu’il a évité de mener une campagne de dénigrement, rappelant au passage qu’il faut avoir de la considération pour les élus.

«Il faut respecter le fait que ces personnes-là se sont impliquées et elles l’ont fait au meilleur de leurs connaissances.»

De la bisbille au conseil

George McLaughlin qui a lui aussi l’ambition d’être élu maire de Tracadie, lundi prochain, croit que le conseil municipal est déchiré, ce qui déplaît grandement au public.

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George McLaughlin, candidat à la mairie de Tracadie. – Gracieuseté

«Vous-mêmes, à l’Acadie Nouvelle, ainsi que Radio-Canada, vous avez fait des reportages sur la bisbille qu’il y avait au sein du conseil municipal. Alors, je pense que ça se reflète sur la population. Les citoyens sont probablement déçus. Certains sont peut-être même enragés.»

Ce dernier affirme par contre qu’il n’a pas encore été la cible de propos injurieux ou déplacés.

Stéphane Richardson, également sur les rangs, croit pour sa part que le conseil municipal de Tracadie est divisé depuis le fusionnement de 2014, ce qui agace la population.

Stéphane Richardson – Archives

«Ça fait 13 ans qu’on est la grande municipalité de Tracadie, et depuis treize ans, on n’a pas eu un conseil qui a pu s’accorder, a-t-il affirmé, vendredi.

«Moi j’ai constaté beaucoup d’erreurs dans la salle du conseil», a-t-il ajouté, tout en usant du mot «zizanie».

Quand le journal a fait mention de propos agressifs qui pouvaient circuler sur les réseaux sociaux, M. Richardson s’est défendu de nourrir ce mouvement.

«Je suis resté neutre. Je n’ai fait aucune attaque. Je suis déçu qu’on n’ait pas eu de débat (des cinq candidats à la mairie). Je pense qu’il y a plus de frustration chez les gens à cause de ça.»

L’Acadie Nouvelle a écrit au cinquième candidat à la mairie, Guy Basque, mais il n’a pas donné de réponse.

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